La grosse, grosse question toi chose. Comment savoir si finalement, faire le grand saut n’était pas la meilleure idée pour vous? Et inversement, comment être persuadé qu’au final, vous êtes sur votre X, même si ça n’a pas l’air de ça en ce moment? Comment confirmer que vous atteindrez vos objectifs, pour vrai? Comment savoir si la rough patch dans laquelle vous vous enlisez n’est que passagère et pas définitive?

En tant que pigistes, on stresse tous un peu pas mal à savoir si demain, on aura toujours du boulot. Des clients, des mandats, des chèques qui entrent, une bonne réputation, des références. On se demande si on n’est pas un imposteur 40 fois par jour, on retravaille nos services et nos produits dans notre tête en 1000 itérations avant de les lancer, on se dit qu’on y croit, qu’on est là, qu’on veut pour vrai, mais entre le croire et tout faire pour le réaliser, y’a un monde.

À ça s’ajoute aussi le fait que même si on a le plus beau boulot du monde parce qu’on l’a choisi de A à Z, c’est pas toujours facile de se convaincre qu’il est lucratif, qu’il va toujours rouler aussi bien, qu’on a compris comment craquer le code et en faire notre gagne-pain pour toujours. On se dit aussi, parfois, en secret, qu’on aurait le goût de tout lâcher pour lancer un autre projet, pour se consacrer sur une vague de renouveau. Et sinon, avouez que vous vous êtes déjà pris en flagrant délit de réflexion sur votre place sur le marché, votre valeur, sur le fait qu’un jour, ça se peut que vos clients n’aient plus besoin de vos services, et que là… merde, on fait quoi?

Il n’y a pas de formule magique pour savoir si on est un bon pigiste, si on ne l’est pas. Mais il y a des détails qui ne mentent pas, et qui devraient se retrouver doucement en tête de votre liste lorsque vous avez un doute, lorsque vous voulez y penser.

Il y a la logique d’abord, celle qui vous souffle à l’oreille que vous avez bien fait de faire le grand saut, que vous n’avez jamais été aussi heureux même si les chèques tardent à entrer. Il y a le fun que vous avez à bosser aussi, et les tâches moins glorieuses qui ne vous embêtent pas trop parce que vous savez qu’elles font  parties d’un tout. Il y a les idées qui poppent, il y a les envies de faire évoluer un service ou un produit. Il y a aussi la p’tite chienne avant de rencontrer un nouveau client, avant de pitcher un nouveau projet, avant de vous lancer dans une nouvelle aventure.

Et d’un autre côté, il y a les petits points qui accrochent, les détails qui démangent. Que l’instabilité financière vous empêche de dormir. Que la simple idée de vendre vos services, votre valeur, vos forces vous donne de l’urticaire. Que vous êtes toujours en train de remettre en question le sens de votre entreprise, son pourquoi, son X. Que vous n’arrivez pas, après des semaines, des mois ou même des années, à assumer votre entreprise, à l’aimer, à la voir comme la business que vous vouliez bâtir. Que vous ne vous plaisez pas dans votre travail, que les dimanches ont des allures de calvaires, et les lundis encore pires.

Il n’y a pas de formule magique, je le dis et je le répète. Mais il y a l’honnêteté, et il y a aussi la transparence. Sans compter qu’au final, réaliser qu’on n’est pas au bon endroit au bon moment n’a rien de réducteur, de déprimant. Ce n’est pas un échec.  Si vous avez tenté et que vous n’aimez pas, si vous avez osé et que finalement, le jeu n’en vaut pas la chandelle : écoutez-vous. Levez la tête, faites vous confiance, soyez forts et fortes et dites-vous qu’il ne s’agit que d’une belle opportunité de vous connaître, de vous découvrir, de vous aimer un peu plus. Du travail, pour les gens passionnés, il y en aura toujours. Autant pour les employés que pour les pigistes. Et c’est ça qui est beau. <3

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