Les thèmes 

1) Écrire un récit : raconter le quotidien d’un inconnu croisé dans la journée

2) Ton accusatif : justifier 5 choses qui se trouvent sur votre bucket list

3) Écrire au « tu » : s’adresser à l’événement, petit ou gros,  qui nous a rendu le plus heureux dans la journée

4) Descriptif : faire un bulletin météo ultra détaillé selon ce qu’on voit par la fenêtre

5) Écrire à l’impératif : raconter quelque chose d’inhabituel vécu dans la dernière semaine

6) Écrire à quelqu’un dont on s’ennuie, sans tomber dans le mélodrame

Joannie Tremblay

Thème 1

J’ai eu droit au luxe cet été. Oui, le luxe d’une petite pause. J’en ai donc profité pour exhumer ma bucket-list! J’en parlais d’ailleurs ici, sur mon blogue perso.

Pourquoi diantre voudrais-je?

1- Être, un jour, publiée? BECAUSE : On a beau dire que l’on écrit pour soi, c’est en étant lu qu’un récit prend vie.

2- Entreprendre une retraite silencieuse? BECAUSE : dans ma tête, ça tourne tout le temps. Physiquement, le tout se manifeste par un manque de coordination notoire.

3- Donner du sang? BECAUSE : c’est une de mes plus grandes peurs et, à la fois, je juge qu’il s’agit d’un geste semi-héroïque. Paradoxalement, j’ai quelques tatouages et je songe déjà à mon prochain… Toutefois, à l’idée de me départir d’une litre de précieux fluide sanguin, j’ai les jambes toutes molles et le souffle court. Quelqu’un veut m’accompagner? Me raconter des blagues, me tenir la main…

4- Partir aux z’Indes, solo? BECAUSE : C’est un rêve que j’ai verbalisé du haut de mes 5 ans : «Un jour, j’irai sauver des enfants en Inde dans Jeep noir.». Je veux réaliser le rêve de cette petite fille-là, rien-de-moins.

5- Passer une journée à la ferme? BECAUSE : une amie m’a mise au défi. Je ne refuse jamais un défi. À moi, traire les vaches, labourer la terre et courir parmi les poulets.

Thème 2

Mila, étudiante.

24 ans.

Jolie, assez.

lookée : ‘’c’est un genre’’.

Souriante à l’extérieur, bouillante à l’intérieur.

A priori, tous les morceaux se tiennent. Mais, t’attardant un tant soit peu, tu verras.

Les crevasses sur ses mains.

Le petit tressaillement lorsqu’elle expire.

Ce sourire, forcé, mécanique.

Recette:
Ordonner à son cerveau d’activer les ligaments mandibulaires.
Les tendent.
Pas trop non!
Ne pas laisser deviner l’artificiel.
C’est une question de dosage.

Mila transpire le mystère, la mélancolie. Tu ne l’entendras pas à son rire, mais tu le devineras à son sourire, forcé, mécano.

Si par mégarde, tu induis un contact physique. Son œil deviendra menaçant. Si bien que, tu seras tenté de sitôt t’excuser bien haut, bien fort.

Quelque chose d’attendrissant chez elle, comme une envie de la rassurer, d’aller prendre un café.

Mais n’espère pas comprendre.

Thème 3

Tu étais là, depuis un bon moment, et pourtant je ne te voyais pas encore.

Car, nerveux, tu te faufiles au gré de tes instincts, des dangers perçus, tangibles ou pas.

Mais au détour, je t’ai aperçu. Debout, enserrant le poteau de la clôture nous séparant. Tes petits yeux aux aguets s’activaient dans tous les sens. Tous les poils sur ton petit corps, dressés. Pendant un instant, tu lis dans mon regard. Ta petite tête se bascule, d’un côté, de l’autre. Tu me comprends, tu es sensible. Tu devines presque cette mauvaise journée.

Tu es humain, tu es beau.

Toi, écureuil, tu es le contact le plus authentique de ma journée. Comme j’aurais aimé avoir de peanuts dans les poches de mon manteau. Faire de toi mon BFF et qui sait, peut-être serais-tu parvenu à me domestiquer.

Thème 4

Ma fenêtre elle est au plafond.

Bah oui, toi très perspicace, tu as deviné! Il s’agit d’un puits de lumière.

J’ai la flemme comme disent les Français, pas envie de bouger de mon espace et pourtant, je dois observer le temps, la météo, être descriptive. J’ajoute un degré de défi supplémentaire à cet épisode du #Défi30jours150mots, je scruterai le ciel à travers cette minuscule brèche sur l’extérieur.

Dehors, c’est 50 nuances de gris. Un gris cendré, ferreux, tantôt métallisé. Un ciel morne, voilé, drabe. Même pas un oiseau pour égayer le vide, le statique. Ce ciel est à l’imagine de ma journée, ça ne bouge pas tant, pas comme je le voudrais.

Un ciel enraciné dans le temps, archaïque.

Fanny Héraud

Thème 1

inconnu

nom masculin

  • personne qu’on ne connait pas
  • ce qui reste mystérieux, ignore

Ça pourra vous paraitre étrange, mais je n’ai croisé absolument personne d’inconnu aujourd’hui. Par contre, quatre longs mois ce sont écoulés depuis le 15 juin dernier, date à laquelle j’aurais du, normalement, terminer ma déclaration de revenus pour l’année 2012. Quatre longs mois de déni, d’occultation, de remise au lendemain, de culpabilité, de poids sur la conscience. Depuis 106 jours, quotidiennement, je traine cette tâche comme on traine un boulet. Je priorise mes clients, mes amis, mes enfants, mes amours, mes voyages, mes lectures, mon jardin et même la propreté de mon frigo. Du bout des doigts, du coin de L’œil, je l’ai croisée brièvement aujourd’hui. Nous nous sommes engagées dans un duel qui reste à finir, mais pour tout vous dire, je n’ai aucune envie de mieux la connaitre. Ma déclaration de revenu pour l’année 2012, c’est mon inconnu à moi.

Thème 2

Si on avait neuf vies comme les chats, ça se saurait, non? Justement, que je me dis.

Alors, allez, vas-y! Prends-la en main, mords dedans. Arrête de perdre ton temps à regarder ces stupides téléromans. En plus, tu as un texte à écrire, alors mets-toi au travail.

C’est vrai, tu en a fais du chemin depuis quelques années, que je me dis. Et alors?

Et alors, ne t’arrête pas en route! Avoue-le que tu meurs d’envie de faire le tour du monde, même si c’est presque devenu banal.

Tu n’auras qu’à partir avec les enfants, que je me dis.
Et n’essaie pas de me dire que tu ne désires pas, justement, ce quatrième enfant? C’est vrai. Pourquoi pas, que je me dis.
Et ces cours de violoncelle. Plonge!
Le ridicule ne te tuera pas, que je me dis.
C’est pas toi qui rêvais de devenir yogi?
Ne m’en parle pas, ça fait des siècles que je n’ai pas vu mon matelas…

Ça déraille, votre honneur. Objection!

Objection rejetée et au diable les apparences. Je prendrai une dernière cigarette avant de mourir, que je me dis.

Thème 3

À l’automne dernier, à notre arrivée, tu te préparais déjà pour l’hiver. C’est au printemps suivant que nous nous sommes rencontrés pour la première fois. Les dernières gelées étaient derrière nous et l’espoir d’un printemps généreux était porté par une brise légère, presque tiède. Nous nous sommes apprivoisés lentement, tout au long de l’été qui a suivi, au rythme des désherbages, parfois interminables, puis des récoltes, abondantes. Tu t’es doucement transformé, sous mes yeux émerveillés et ceux de mes enfants.

Un an a passé déjà. Les gelées sont revenues et le sommeil te gagne petit à petit. Tu nous manqueras amèrement quand, cet hiver, nous devrons nous résoudre à nous approvisionner au supermarché, à nous contenter de moins. Moins de choix, moins de qualité, moins de proximité.

C’était un bonheur, aujourd’hui, de te cajoler encore un peu et de te border tendrement, puis de te dire bonne nuit, mais surtout merci!

Thème 4

C’est la fenêtre de gauche. Celle qui s’ouvre sur la forêt. En ce temps de l’année, elle se transforme en œuvre d’art et devient le tableau enflammé d’un automne qui s’installe avec détermination. Nul besoin de rideaux ni de cadres. Elle décore la pièce à elle seule. C’est une nature morte tout ce qu’il y a de plus vivant. Elle attire mon œil de ses rouges flamboyants, presque arrogants. Ses jaunes intrépides se font timides et ses verts discrets déclarent forfait. Seul les troncs restent de marbre. La brume du matin s’accroche aux branches, feutrant même les sons, il me semble. Le vent à tôt fait de lui imposer sa danse, chassant quelques degrés au passage. Les nuages patientent en arrière plan. Peu avant-midi, ils entreront en scène et monopoliseront l’attention, mais pour l’instant, le soleil perce leur carapace, avec l’audace d’un été indien qui n’a plus rien a perdre.

Thème 5

Elle se confit. J’écoute.

Leurs chemins se sont croisés à nouveau, au gré d’un hasard virtuel. Ces retrouvailles viennent bousculer l’ordre – ou le désordre – établi.

Je lui ai dit : « Prends le taureau par les cornes! » J’ai pensé : « Essaie de le ménager, quand même. »

Une décennie de vie commune, les enfants, la maison…

Je lui ai dit : « Affronte les obstacles comme ils viennent, un à la fois. »
J’ai pensé : « N’oublie pas que tu auras vite l’impression de t’être trompée, même s’il n’en est rien. »

Difficile de ne penser qu’à soi sans se sentir profondément égoïste.

Je lui ai dit : « Saisis cette opportunité que tu attendais depuis longtemps. » J’ai pensé : « Sois certaine que ce ne sera pas aussi rose que tu l’imagines. »

Le moment est venu passer à l’acte.

Je lui ai dit : « Ne réfléchis pas trop aux mots que tu emploieras et lance-toi! » J’ai pensé : « Crois-moi, le bon moment n’existe pas. »

L’inhabituel nous bouscule.

Thème 6

J’attendais ton appel il y a deux semaines. Silence radio.

J’ai l’habitude de l’immensité qui s’écoule, chaque fois, entres nos rencontres, mais j’ai toujours espoir de faire un jour partie de ta vie.

Tu me manques. Oh! Pas à chaque minute, ni à chaque jour, ni même à chaque semaine. C’est un manque plus profond que cela, au-delà du quotidien. Je pense avoir fait le deuil de ce que nous ne sommes pas, mais à chacune des fois où l’on se revoit, où tu as l’air sincèrement heureux d’être là et où tu te confies à moi parfois, ça ravive ce stupide espoir.

Je pense qu’on a du se perdre quelque part entre la petite enfance et l’adolescence. Entre les mensonges des adultes et ma soif de liberté, peut-être as-tu pensé que je t’abandonnais derrière, quand je suis partie? Il n’en était rien, mais je devais sauver ma peau.

Depuis toujours, je suis là mon frère. Je t’aime et je t’attends.

Émilie Rouillard

Thème 1

L’enfant descend la passerelle en courant, les yeux émerveillés. Sa mère le retient par la main. Il crie: «Vite maman, nous n’avons qu’une journée pour tout visiter, le bateau repart demain!»

Thème 2

-J’ai le droit de m’étourdir de voyage, la folie simplement

-Être heureuse; une nécessité non?

– Relaxer, je n’ai pas encore appris comment faire

-Rester enfantine, pourquoi pas?

-Aimer c’est vivre

Thème 3

Tu savais que je ne pouvais plus continuer, mes yeux allaient tout simplement fermer. Tes blagues et ton arrogance m’ont faire rire à pleurer pour me garder réveiller.

Thème 4

C’est une journée ensoleillée avec quelques nuages en formes de barbe à papa. Un vent froid s’infiltre dans les arbres ce qui engendre une pluie de feuille d’automne colorée sur la terre gelée.

———

Redonnez-moi mon dîner sale voleur de lunch ! Vous n’avez pas honte de profiter de mon inattention pour profiter de la situation et usurper mon dîner ! Courez monsieur si vous voulez m’échapper !

Thème 5

Marthe votre sourire, mais aussi votre naïveté sur votre vision de la réalité me manque.  J’ai hâte de vous revoir pour en être encore être fasciné.

Vicky Lefrançois-Racicot

Thème 1

En courant pour aller payer mes frais de scolarité, j’ai brièvement croisé cet homme âgé. Le vieillard tenait de magnifiques fleurs. Je ne pourrais dire de quelle sorte il s’agissait, j’étais pressée. Quand je pense à toutes ces fois où le temps m’empresse de me dire à quel point je manque d’heures, de minutes et de secondes pour m’arrêter. Gentiment, l’inconnu m’a salué et j’ai joyeusement retourné le bonjour. Je dois avouer que le geste a fait ma journée. On banalise trop souvent cette petite, mais si agréable attention. Vous savez, j’adore ces sages aux vécus si enrichissants. Ils en ont connus des vertes et des pas mûres. Affrontons l’existence du mieux que nous pouvons en écoutant leurs conseils. Ma vie d’étudiante m’attendait, je devais accomplir mon devoir, cependant mon moi entier aurait apprécié de passer du temps avec ce vieil homme. Je ne sais pas à quel endroit il se rendait. Néanmoins, j’espère qu’il rejoignait sa femme et ses petits enfants pour un dîner familial. Tant de personnes âgées sont seules. Je n’ai malheureusement plus la chance d’avoir de grands-parents. Si vous avez toujours les vôtres, chérissez-les ce sont les meilleurs professeurs.

Thème 2

Tu dois fonder ta propre famille, avec l’homme à tes côtés présentement, car tu sais les enfants sont une merveille du monde et lui il sera un papa fantastique. Fais‑toi plus confiance. Cette confiance te fera grandir et tu obtiendras le succès auquel tu as le droit. Commande ton passeport au plus sacrant, il y a l’inconnu qui te somme de venir le découvrir. Il est certain qu’il s’agit d’un «must» de voyager. Tu pourrais faire un «road trip», obtiens dont ton foutu permis de conduire. Finalement, un jour tu feras un saut en élastique et un saut en parachute. Tu affronteras ces sports apportant un peu, beaucoup d’adrénaline et tu en profiteras au maximum.  En récapitulant, tes cinq choses à faire avant de mourir seraient : «Fonder ta famille, apprendre à te faire confiance (le travail d’une vie, probablement), voyager, obtenir ton permis de conduire et pratiquer des sports à sensation forte.» Tu as tant de rêves et de possibilités. Tu sais qu’écrire un livre est également dans ta liste. Inspire-toi de ces aspirations et continue d’avancer avec confiance! Sait-on jamais, ton ouvrage circulera peut-être dans une bibliothèque pour laquelle tu travailleras.

Thème 3

Toi, après-midi de magasinage arrivant dans peu de temps sache que tu fais mon bonheur. Magasiner peut être considéré comme une activité utile qu’à surconsommer, voire à la limite un tantinet superficielle. À mon avis, ne te laisse pas toucher par l’opinion de certains récalcitrants. Ils te rejettent sans raison. Avec toi, rien n’est compliqué. Il suffit d’ouvrir les yeux et d’admirer les belles choses. Une séance de magasinage sert d’échappatoire à ce qui est laid dans notre monde et puisque je ne magasine jamais seule (ou presque) j’ai la possibilité de passer du bon temps avec des amis ou avec ma famille. La mode m’interpelle et les accessoires me crient de les acheter. Mes pupilles voient grand, immensément grand et l’envie de tout me procurer me harcèle dans ma tête. Néanmoins, je me contrôle. Je ne peux rester dans le déni, ces récalcitrants disent vrai. Tu sais, tu me crée des besoins. Tu vides un portefeuille assez vite merci, c’est la seule chose énervante chez toi! Après avoir légèrement gaspillé (pour des trucs nécessaires), j’aurai le plaisir de retourner chez moi. Je te dis, je t’aime Sorel. On se revoit lundi, Trois-Rivières!

Thème 4

En tardant à composer¸ dehors le ciel s’assombrit. Présentement, selon le site de Météo média, il fait 13°C et c’est nuageux. Frileuse, lorsque je sortirai le bout de mon nez je me vêtirai d’un doux manteau parce que les soirées sont froides. C’est l’automne, après tout! Je reviens de l’extérieur, il faisait bon y être. Ce n’est pas ce que je m’imaginais, en regardant par ma fenêtre et en voyant la pénombre s’installée. Je n’apercevais déjà plus rien à cause de la noirceur, sauf les feuilles d’un arbre situé dans ma cour. J’adore les paysages automnaux, en raison des feuilles rouges et orangées des arbres. C’est si joli et j’aime les randonnées parmi celles tombées. Grippée, enroulée sous mes couvertures je me reposais, alors je n’ai pu profiter de la journée sans pluie. C’est dommage, j’aurais dû me botter les fesses et sortir en après-midi. Et dans votre région, le temps fut satisfaisant ? Finalement, je vous dois des excuses, car je suis loin d’être douée comme météorologue!

Thème 5

Aujourd’hui, vers 23 h 30 mon âme quant à lui m’a crié coure, tu as un délai à respecter. J’ai quitté l’endroit où je me trouvais. J’ai même dis à mon copain, viens me rejoindre à la maison. Je me disais : « Sois intègre, tu dois écrire à tous les jours et ne remet pas à demain, par manque de temps.»

Dépêche-toi, tic tac me hurle l’heure sur mon portable. Lorsque sonnera minuit, tu auras gâché ton engagement. Fais de ton mieux. Il te reste dix minutes. Je ne sais vraiment pas quoi écrire…ma vie d’étudiante n’a rien de surprenant. J’ose croire que rien d’inhabituel ne s’est produit la semaine dernière, car j’ai un blanc. Oublie la semaine passé, pense au présent m’a sonné mon esprit. Mais en y pensant, ce qui a de nouveau dans ma vie est ce défi et j’ai fini par me dire arrête-toi à tous les jours pour écrire, ça fait du bien, c’est une thérapie. À une minute du «deadline», dis-toi mission accomplie.

Thème 6

Salut Papa,

Aujourd’hui, j’ai eu de nouveau seize ans. Deux jours après ton départ, je t’avais écris une lettre. Ce fut un baume pour m’apaiser, malgré qu’elle n’ait jamais été postée. En faisant du ménage, j’ai relu ces quelques lignes. Évidemment, j’ai eu les larmes aux yeux. C’est normal, j’étais nostalgique des bons moments vécus avec toi. Si j’avais pu te sauver de ton cancer… Cependant tu te devais de partir au loin et moi de l’accepter. Tu sais, mon deuil est fait, mais je ne t’oublie pas. Je parle de toi, souvent. Aussi, comme Lynda Lemay, je chante «Le plus fort, c’est mon père». Je blague. En effet, je m’abstiens, je n’ai pas obtenu le talent de chanteuse en vieillissant «hi, hi». Néanmoins, je le pense : « Le plus fort, c’est mon père ». La seule chose à te souhaiter est d’être heureux, d’où que tu sois. Tu manques des choses ici sur terre, mais nous ratons probablement des trucs nous aussi d’en haut. Si jamais le paradis existe, bien j’espère que tu prends tes ailes d’anges pour te diriger vers Québec. Je t’aime, papa!

Céline Gallet

Thème 1

Tutututut. Réveil à 6 heures après une nuit agitée. Encore pas le temps de déjeuner, à part une tasse de café filtre programmé -bip. Douche. Chemise bleue. Non, rose. Il saute dans son auto. Vite, passer les ponts avant le trafic!
Bip. Les portes de l’auto sont barrées. Au bureau à 7 heures. Cafe. Ding! 36 courriels l’attendent déjà. Blip- message de Sophie : adam a pleuré en arrivant a la garderie. Pense à acheter du café. Gérer les dossiers prioritaires. Café. Tulululu. Ce téléphone va-ti-il arrêter de sonner! Dîner au restaurant avec un client. Trop de calories, mais il se promet d’aller s’entraîner. bientôt.
Après-midi au bureau. Tulululu-blip-ding. Quelques décisions à prendre. Ding. Café. Tulululu. Vite, passer les ponts avant le trafic. Tulululu. Merci le main libre. Bip, barrer les portes de l’auto. Récupérer Adam puis rentrer à la maison. Souper – ting. Micro -ondes.
Bzzzzz. Encore quelques courriels du travail. Bon, allez, au dodo.

Thème 2

Comment ça, contacter cinq personnes de mon réseau et envoyer 5 CV sont les deux priorités de ma journée? Mais j’espère bien! Trouver une job stimulante et valorisante ne me tombera pas tout cuit dans le bec. Faut y mettre du sien et pousser sa chance! Alors, GO! c’est non négociable!
Quoi d’autre? Ah, oui, nourrir le chat. Évidemment, il est incapable de se nourrir tout seul! Alors faut bien y donner sa pitance au minet. Allez, mange mon gros, puis va passer ton après-midi à regarder les petits suisses s’ébattre dans la cour juste sous ton museau adipeux!
Nettoyer le four. C’est tellement… horrible… dégoutant. Mais oui, pas brillant de vouloir économiser plutôt que dépenser un peu plus et avoir un four autonettoyant. Erreur! Horreur! Mais c’est comme ça.
Et oui, finalement, force-toi un peu et achève-la par un peu de rédaction, cette journée! Tu vas l’écrire ce texte, maudite fainéante et plus vite que ça! Pourquoi? Parce que ça fait du bien, tiens!

Thème 3

Tu as su me ravir, m’extasier, me remplir de joie et surtout, me redonner le sourire. Tu as presque réussi à me faire oublier les longues minutes qui ont précédé cet instant, auxquelles je ne peux toutefois m’empêcher de penser avec horreur. Si tu étais arrivé un peu plus tôt, je t’aurais encore plus chéri. Si tu n’étais pas arrivé, je me serai maudite. Tu as su faire naître en moi des sentiments de satisfaction et de résurrection qui m’ont comblée. Tu as été ma porte de secours, mon espoir, ma béquille, alors que j’étais obligée d’avaler ces makis enrobés de graines de sésame et pavot… ou bien de m’auto-digérer pendant ce dîner de réseautage. Merci à toi, instant de bonheur, où j’ai trouvé ma boîte de fil dentaire dans mon sac.

Thème 4

Un beau bonjour à toutes et à tous. Aujourd’hui vendredi 4 octobre, le temps est tout simplement magnifique : la douceur exceptionnelle des températures de ces derniers jours perdure pour nous offrir un bon 24 degrés celsius en cet après-midi du dernier jour de la semaine. Le ciel est complètement dégagé, le vent est nul, le taux d’humidité est relativement faible et la pression atmosphérique est élevée : la température ressentie est donc également de 24 degrés. Le soleil brille intensément et ajoute sa touche de lumière aux couleurs automnales : les feuilles des arbres semblent briller de mille feux ou sur le point de s’embraser. Si la végétation et l’inclinaison du soleil ne trahissaient pas la saison, on pourrait carrément se croire au mois de juillet. Aucune dépression à l’horizon, ni aucun signe de cellule orageuse. les seules ombres au tableau sont celle de vos remords si vous ne sortez pas immédiatement pour profiter de cette superbe journée!

Thème 5

Ma très chère Sandra,
J’espère que tu vas bien. Je regrette que nous ne voyons pas plus souvent. Tu le sais comme moi, les aléas et le tourbillon de la vie quotidienne de parents avec de jeunes enfants nous entraînent inéluctablement de l’avant, avec si peu de temps à consacrer à nos amis. Même lorsque nous avons l’occasion de nous voir, nous avons à peine le temps d’échanger quelques bons mots et pourtant, ce serait si plaisant de le prendre…. le temps. Je m’ennuie de nos conversations à mi-voix, parfois ponctuées d’éclats de rire, parlant de tout et de rien, de toi, de moi, de nos amours et de nos choix. Tant que je sais que tu vas bien, au moins, je continue de sourire à l’intérieur en pensant à toi. À bientôt, j’espère.

Pierre-Luc Reid

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Thème 1

Il était un peu après midi quand t’es venu nous chercher dans la salle d’attente. Grand, posture très droite, peu complaisant. T’es même plus jeune que moi, je crois. Tu nous as fait asseoir devant toi. Ton haleine de café empeste ton minuscule bureau. Mais je ne suis pas là pour commenter ton hygiène buccale. Plutôt pour entendre ce que tu as à dire. Tu t’exprimes bien, le nombre de diplômes accrochés sur les murs est là pour en témoigner. La froideur que tu exprimes à notre égard par contre, ou plutôt à son égard, me donne envie de quitter la pièce. Mais je dois rester. Et c’est ton travail après tout, d’annoncer les nouvelles. Je suppose que tu rentreras ce soir, serein et content du devoir accompli. Peut-être même que tu te prendras un verre en pensant que c’était une bonne journée.

Mais pour l’instant t’es devant nous.
Pour nous dire que ma grand-mère a un lymphome.

Thème 2

Tu as mis sur papier une liste intitulée « choses à faire avant de mourir » que tu as rangée dans un tiroir depuis. Aujourd’hui, c’est le temps de la sortir.

– Trouve une activité physique qui te passionne vraiment. Pour être (un peu) en forme oui, mais surtout pour te sentir bien.
– Lis plus souvent. Des belles histoires, des trucs pour rêver. Car ça t’arrive trop rarement. Et si tu le fais, plie le coin de page où t’es rendu. T’aime pas ça je le sais, mais apprends à sortir de ta zone de comfort.
– Conduit une vieille voiture à banquette dans le désert américain, sur la route 66. Et please, prends de belles photos de ce moment-là. Vis-le avec une personne qui t’est chère.
– Crée des liens d’amitié. Tu es seul mon gars, et personne aime être seul. Même pas toi qui dit en avoir besoin.
– Vainc ton insécurité affective. Commence par trouver la personne qui t’aimera pour ce que tu es. Ensuite, travaille sur tes attentes. Apprends à ne pas faire une chose en échange d’une autre.

Commence par ça.

Thème 3

Je t’avais repoussé toute la journée
Car avouons-le, tu aimes rarement collaborer
Ou est-ce moi qui est difficile, quand il est temps d’acheter
Bref j’étais tranquille sur mon divan, bien accoté
Le scénario parfait, de n’importe quel gars en congé
Mais il fallait que je fasse quelque chose de ma journée
Comme t’affronter
Enfile un jeans et un chandail, question d’avoir l’air bien habillé
J’arrive et tu es désert ; ça fait ma soirée
Car d’ordinaire, tu es pas mal achalandé
Il n’a suffit que de quelques minutes dans les allées
Que deux paires de pantalons tu m’avais déjà proposées
Et surprise, elles me font parfairement, avec un cul légèrement bombé
Sans compter que le prix, pour une fois, n’est pas si élevé
Pour des victoires comme ça, je suis content que de mon comfort tu m’aies tiré

Centre d’achat ce soir, tu m’as bien gâté
Je reviens avec mes achats, le cœur léger.

Thème 4

Il est midi. Je viens de me lever (j’suis un gars en vacances, no judgement) et je sais déjà, en allumant mon ordi, que le temps à l’extérieur est maussade. J’écarte les lattes pour observer les gens sur la rue et peu de lumière pénètre à l’intérieur par ma manœuvre. Le ciel est sombre et les nuages épais. D’ordinaire, à cette heure le soleil aurait inondé mon œil à m’en griller la rétine. Dehors, le vent fait onduler le seul arbre planté tout près de ma fenêtre. Un nombre incalculable de feuilles orangées surplombent le sol et les gens qui passent sous ma fenêtre les font craquer sous leurs bottes. Ils sont plus habillés que la veille. Pendant quelques secondes, j’ai cru apercevoir une percée de soleil. Juste le temps d’amplifier la palette complète des couleurs terres que seule cette saison peut nous apporter. Juste le temps de nous rappeler toute la beauté de ce temps de l’année.

Oui l’automne est vraiment une belle saison. Quand on oublie qu’il nous mènera à l’hiver.

Thème 5

Cette semaine, j’ai perdu une amie.

« L’amitié gars-fille, ça fonctionne rarement », qu’ils disaient.
« Sois averti, c’est dangereux de s’y brûler », qu’ils renchérissaient.
« N’aie pas peur d’y croire, rêve un peu », m’étais-je dit.
« Oublie ce que disent les autres, donne une chance à la vie », avais-je établi.
« Profites-en, avant que l’un ou l’autre ne traverse la ligne », m’avait-on conseillé.
« Dis-toi que ça durera le temps que ça durera », m’étais-je défié.
« Arrive, fenêtre où la donne changera », avais-je depuis le début été avisé.
« Arrête de la contempler lorsqu’elle regarde ailleurs », à moi de me dire.
« Ne te fais pas prendre à ton propre jeu », m’étais-je pourtant promis d’agir.
« N’y vois pas un échec », dois-je maintenant convenir.

Cette semaine, oui, j’ai perdu une belle amitié.
Et aujourd’hui « Cesse d’avoir de la peine », je dois me répéter.

Thème 6

Deux ans déjà depuis que tu as quitté mon quotidien, ma ville, mon pays. Tu ne penses plus à moi dans ta nouvelle vie, alors que toi tu as marqué la mienne. Et maintenant j’oublie certaines choses, doucement. Ton parfum a été la première. Ensuite le sentiment de t’étreindre et de poser mes lèvres sur les tiennes. Quand je m’y efforce un peu, j’entends encore ton rire résonner dans ma tête. Mais je sais que ça aussi, je l’oublierai. Il ne me restera plus que les photos de ton visage. Ça, et ce qu’on avait et qui est si difficile à trouver. La complicité qui permet de se comprendre par un seul regard. Celle que j’ai connue moins souvent que j’ai de doigts dans une main et qui me fait encore errer dans les rues à ta recherche. Aujourd’hui, quand je me lève tu me manques. Quand je me rends au travail seul, tu me manques. Quand c’est mon anniversaire, comme dimanche dernier, et que tu oublies, tu me manques.

Quand je vis, tu me manques. Mais je ne te l’ai jamais démontré comme tu l’aurais souhaité et ça, ça t’a manqué.

Joliane Duranceau-Cloutier

Thème 1

Il ne lui reste plus que quelques jours, quelques heures peut-être. Elle n’en peut plus de souffrir autant, mais elle sait que ça s’arrêtera bientôt. Ce qu’elle vit, c’est son quotidien depuis quelques années déjà, mais elle ne pourrait être plus heureuse. Ce qu’elle vit est une grande réussite pour elle, un accomplissement. Son quotidien, c’est sa famille. Un fabuleux mari, deux jeunes enfants (et bientôt un troisième) et un beau gros chien. Son quotidien est pour elle sa plus grande fierté. Elle ne pense jamais au futur, elle n’en rêve pas. Elle n’espère pas être quelqu’un d’autre, elle n’envie pas les gens qu’elle croise. Ce qu’elle vit au quotidien la satisfait pleinement. Un petit bébé d’automne qui montrera le bout de son nez très bientôt. Elle ne sait pas si ce sera un garçon ou une fille, mais sa certitude est que son quotidien n’en sera qu’encore plus beau.

Thème 2

1-Survis à ton cours de révision linguistique. Parce que tu le peux (et que tu le dois). Ne manque pas un cours même s’il est de soir. Donne tous les efforts. Ne te décourage pas. Et surtout, ne pleure pas si la panique te prend et elle te prendra!

2-Voyage plusieurs mois. Parce que cette idée de trotte dans la tête depuis un certain temps. Ose et va découvrir le monde dans lequel tu vis. Ressors en charmée, éblouis, bouche bée.

3-Créé un blogue. Parce que les blogues que tu découvres ces temps-ci t’inspirent. N’attends plus. Joins-toi à cet univers et écris.

4-Aie un chien. Parce que tu les as jadis craints. N’aie plus peur et assume ton amour grandissant pour eux. Tu sais qu’un jour, l’un d’eux fera ton grand bonheur.

5-Écris un livre. Parce que le monde réel ne suffit pas à l’univers créatif qui se trouve dans ta tête. Inspire-toi du monde qui t’entoure. Par tes mots, fais vivre des aventures et des émotions au monde entier. Ou du moins, à quelques personnes.

Thème 3

Sucrée, réconfortante et même, réjouissante. Je t’avais délaissée depuis trop longtemps déjà. Ma chère boisson chaude à saveur de gâteau de fête, toi et tes effluves n’êtes pas appréciés de tous les membres de mon entourage certes, mais sache que je n’ai pas honte de te déguster. Et tu sais quoi? C’est même toi qui détiens le titre de l’évènement qui m’a rendue le plus heureuse dans ma journée tout entière! Tu m’as aidé à passer à travers mon étude sur les erreurs liées à l’accord des verbes. Peut-être m’aurait-il fallu une double dose de ton goût festif pour tout saisir… Mais c’est une autre histoire, j’en reviens à toi. Avec tes rooibos rouges et verts, tes perles de sucre et tes morceaux de crème glacée (wow!) tu me séduis chaque fois, sans aucune difficulté. Tu sais, ce n’est pas mon anniversaire aujourd’hui, mais tu me fais sentir tout comme!

Thème 4

Certaines feuilles ont changé de couleur, d’autres sont encore bien vertes. Ou elles commencent à jaunir, mais juste à peine. Le vent souffle timidement en cette matinée d’automne. Le soleil perce le feuillage des arbres et vient réchauffer le sol qui l’attendait avec impatience après cette nuit plutôt fraîche.  L’herbe scintille sous les minuscules gouttes d’eau qui se sont formées sur elle durant la nuit dernière. Les rayons chauds du soleil les ont dans la mire et ces petites perles humides s’évaporent rapidement, l’une après l’autre. Il n’en restera bientôt aucune. À travers les gouttelettes se trouvent des feuilles froissées et fragiles qui ne disparaitront pas à un rythme aussi rapide. Le ciel a sorti ses deux plus belles couleurs : un blanc lumineux et un bleu… bleu ciel je crois! Aucun mot ne pourrait mieux décrire ce type de bleu. Tout cela pour dire qu’à l’image des derniers jours, cette matinée présage une magnifique journée d’automne.

Thème 5

Sachez-le, réfléchir sur quelque chose d’inhabituel vécu cette semaine fut assez ardu et… inhabituel, disons-le! Ma semaine s’est déroulée assez normalement. Rencontre des clients, discute de projets de rénovation, va à tes cours, fais tes travaux, mange, dort, socialise… et participe à un défi. Je le concède, participer à un défi n’est pas vraiment habituel pour moi. Être challengée non plus d’ailleurs! Sors de ton confort et ne prends pas de retard sur tes textes. Et même si tu manques d’inspiration, n’abandonne pas. Au final, tu seras fière de ce que tu aurais accompli. Persévère! Sinon, aller au cinéma deux jours de suite n’est pas dans mes habitudes, mais c’était un peu ennuyant d’écrire un texte sur le sujet. Enfin, je crois? Mais pour les curieux, Don Jon et Gravité sont de bons films à voir, à mon avis. Surtout le premier qui traite d’un sujet inhabituel (!), mais tellement pertinent.

Thème 6

Mon fidèle chat, c’est de toi dont je m’ennuie! Tu étais le chat le plus joli du monde entier. Je me rappelle que ton activité favorite était assurément de grimper, monter, bondir sur les gens pour ronronner en te faisant caresser. Et même si on te repoussait pour une quelconque raison, tu n’abandonnais jamais! Mais je me souviens aussi que te ne portais pas tout le monde dans ton cœur, oh que non! Tu n’aimais ni les autres animaux, ni les étrangers, ni les gardiennes, ni les amis. Pas grand monde en fait. Tu n’aimais quasiment que ta famille et quelques autres chanceux qui savaient comment s’y prendre avec toi. Tu sais, aujourd’hui, j’ai un autre chat. Je crois que tu l’aimerais bien celui-là.  Il est vraiment ton opposé : il grimpe rarement sur les gens, mais il aime d’amour (un amour qui frôle la passion) tout le monde qu’il croise, sans exception. Il ne te remplace pas, ne t’inquiète pas, mais il met de la joie dans mon quotidien comme tu as toujours su le faire.

Andréanne De Bernardo

Thème 1

Six heures, mardi matin.  Encore dans son lit, c’est le départ d’un marathon qui durera cinq jours.  Le coup de feu est donné, GO! Si seulement ça pouvait être une course à relais.  Coureur unique, il se doit de faire le meilleur temps, dans toutes les étapes.  Levé, café, douche.

7 heures, début de la deuxième ronde, celle-ci se complexifie.  Levé de fille, levé de garçon, lunch de un, lunch de l’autre.  Lui, il ira au resto : rendez-vous d’affaires.  Repassage, cravate, habiller fille et garçon.  Malette, sacs d’école, boîtes à lunch.  Fin de la seconde.

Huit heures, troisième.  Voiture, circulation, klaxon. Une jeune femme et son fils lui sourient.  Il ne comprend pas, mais il apprécie.  Laisse les uns à l’école, lui part au bureau.  Il y sera jusqu’à dix-sept heures.  Ensuite bouchons, klaxon, école, souper, bains et sommeil pas si réparateur.

Et dire que lundi, ce sera à recommencer.  Ceux qui ne font que métro-boulot-dodo ne connaissent pas leur chance.

Thème 2

À moi,

Voyage, vois le monde.  Découvre tout ce qui est, et ce qui a été, les cultures, les langues, les gens.  Perds-toi dans des lieux dépaysant, dans d’autres temps, dans des mots que tu ne connais pas.

Entreprends! Réalise ton rêve d’être ton propre patron.  Fais ce que tu sais faire le mieux, toute seule.  Sans compte à rendre, maître de ton travail, maître de toi et de ton avenir.  Fais le grand saut.

Écris!  Sur toi, sur eux, sur tout.  Rédige ce qui se passe dans ta tête, crée-le!  Traite de tout, exprime-toi, partage.

Cultive-toi!  Retourne à l’école, pour toi, pour le plaisir.  Plonge dans l’histoire du monde, de l’art, des civilisations.

Aime!  Trouve quelqu’un qui partagera tes passions, tes magnifiques joies et tes terribles drames.  Partage la routine et l’incroyable avec lui, réciproquement.  Tu as été déçue, souvent, je sais.  Recommence!  Continue à croire que ça existe.

De moi, avec amour.

Thème 3

T’es toute petite, mais toujours là quand je t’attends.  Ponctuelle, tu arrives toujours à vingt heures.  Certains te prennent pour une corvée de plus, c’est dommage.  Pour moi, tu es synonyme de plaisir, de relaxation et de joie.  Certains soirs, malgré ma grosse journée, malgré que je sois crevée et que je n’attends que mon lit; tu restes une joie dont je ne me priverais pas.  Toi, petite demi-heure de bain de mon fils, tu me fais passer les plus beaux moments de ma vie de mère.  Tu me permets de ne l’avoir que pour moi.  Seule toi peut faire en sorte que mon Asperger de fils ne soit pas distrait par la télévision, l’ordinateur, le Ipad ou quoique ce soit d’autre.  Toi seule fait en sorte que mon fils est là, avec moi, dans le même monde pour une fois.  Câlins, bisous et communication, c’est ce que tu m’offres.  Merci.

Thème 4

Dix-sept heures, je regarde par la fenêtre ouverte.  Une petite brise fraîche y entre.  Elle ne donne pas froid, elle permet seulement de rafraîchir et de parfumer l’air de mon bureau de toutes ces odeurs de terres et de feuilles.  Le ciel est d’un beau bleu clair, si clair, qu’il semble blanc par endroits, comme s’il devenait transparent.  Il est parsemé, ici et là, de nuages blancs.  Des petits nuages, loin d’être menaçants, qui ressemblent beaucoup plus à de la fibre de coton que de la ouate.  Ils passent à une vitesse tellement lente, qu’ils confirment que ce n’est qu’une brise, et non du vent que je ressens.  Déjà, l’air est plus frais, le soleil brille encore, mais les nuages reflètent déjà une jolie et timide couleur dorée, qui se prononcera sous peu, annonçant le crépuscule.  Les arbres frissonnent à peine, mais laisse tout de même tomber quelques feuilles orangées au passage, signe que l’automne est bien arrivée.

Thème 5

Samedi matin, tu n’es pas en congé, Ann. Faut que je me parle, que je me motive! Go, lève-toi aux aurores, prépare tes choses.  Travaille! Bouge-toi, prend ta voiture et roule jusqu’à Bromont. Vends, souris, fais celle qui est heureuse d’être là; t’es capable.  Le retour est encore plus long que l’allé.  En arrivant chez moi, tout ce que je veux, c’est aller me changer, et dormir!  En arrivant dans mon entrée, stationne ma voiture, salut mes voisins, qui m’invitent à venir prendre un café.  Socialise, jase, fais ta gentille, Ann, ce sont de bons voisins.  Tu les apprécies.  Aime ton voisin, qu’on t’a appris.  Finalement, un petit sac de plastique tombe sur mes genoux.  « Tiens, c’est pour toi! » Prend le sac, observe, comprends.  Un cadeau illicite, et inattendu.   Spécial.  En quel honneur? On me dit que je suis une bonne voisine.  Offre de payer? Non, remercie et quitte.   Profite Ann, passe une belle soirée : relaxe, c’est le genre d’événement qui n’arrive pas souvent.

Thème 6

Salut toi!  Un petit mot comme ça, sans prétention, pour te dire que je m’ennuie de toi.  C’est difficile de vieillir, en gardant la même présence, la même disponibilité.  Conjuguer les horaires, trouver un moment pour se voir, juste nous deux, comme dans le temps.  Si je ne me trompe pas, je pense que notre dernière soirée seuls ensemble date d’il y a plus de trois ans!  Avant que tu sois en couple, avant que je sois célibataire. On s’est vu souvent depuis, à trois, mais nos soirées à refaire le monde, juste nous deux, autour d’un café et d’un gâteau imbibé de Grand Marnier me manquent!  Une chose est certaine, toi et moi, c’est pour tout le temps : c’est le « toujours », et le « à jamais ».  Ça va se reproduire, je le sais.  Le temps l’a déjà prouvé, il recommencera.  D’ici là,  ma bouteille est rangée, et elle n’attend que nous.

Marie-Janelle Larivée

Thème 1

Ça faisait longtemps qu’elle n’avait pas eu hâte comme ça de rencontrer un étranger… En fait, ce n’était peut-être jamais arrivé. La thématique de son premier #défi30jours150mots lui rappelait les exercices de scénarisation du temps qu’elle étudiait en cinéma ou elle devait imaginer la vie de son personnage dans les moindres détails. Elle avait d’ailleurs joué à ce petit jeu plus d’une fois en se promenant dans les endroits publics : choisir un inconnu et divaguer sur sa vie, lui créer une histoire… Mais bon, elle a attendu toute la journée pour croiser ce fameux inconnu… Mais sa vie d’aujourd’hui n’était pas aussi riche qu’avant en opportunités de ce genre. Elle se rappelait l’époque ou elle prenait le métro tous les jours : une fortune d’inconnus à disposition, même trop parfois… Finalement après sa journée de travail, en se rendant dans un 5 à 7, elle croisa enfin l’élue : la serveuse du pub EtHo souriante, lunettes à grosse monture, petit toupette carré. Mais en fait, vous l’aurez deviné, ce récit de quotidien parle beaucoup plus de moi que d’elle… Mais moi, je suis une inconnue pour vous, vous me croisez sur le Web… et voilà! Vous en savez maintenant un peu plus sur moi.

Thème 2

T’as pas encore fait ta bucket list?! T’es sérieux? Mais qu’est-ce que t’attends? Fais-le! Maintenant! Non, je suis sérieuse! Je vais même t’aider! Voici 5 suggestions! (En fait c’est plus des ordre que des suggestions)

1- Voyage! Plusieurs fois! Mais au moins une fois! Choisis TA destination de rêve et décide maintenant que tu iras une fois dans ta vie peut importe ce qui arrive.

2- Fais un défi sportif. T’as le choix. Défi d’athlète : marathon, triathlon… Défi de sport extrême: surf, escalade, parachutisme, plongée… Ou juste un sport que tu as envies de faire… arts martiaux, salsa, pétanque … Fais-le. Et deviens bon à le faire

3- Confronte ta plus grande peur. Les peurs, c’est fait pour les surpasser. Pense à ce qui t’effraies et passe à l’action!

4- Fais une bonne action. Et ça, fais le souvent. Chaque jour si tu peux. Plante un arbre, fais un compliment, donne, sourit à quelqu’un, offre ton aide.

5- Quitte ta job. Au moins une fois dans ta vie; si tu n’aimes pas ce que tu fais, aie le courage de tes ambitions et de poursuive tes rêves et fais ce que tu aimes.

Thème 3

Hey toi! Tu sais que je t’ai attendu toute la journée?! Le thème de mon #défi30jours150mots d’aujourd’hui était de s’adresser à l’événement qui m’a rendu le plus heureux dans la journée… et donc j’étais à l’affût… Tu sais ce qu’on dit… le bonheur réside dans les petites choses… Les gens qui sont capables de voir cela et d’apprécier la vie sont beaucoup plus heureux… Mais voilà que ma journée passe de façon trop ordinaire et tu n’apparais toujours pas. Comment vais-je écrire mon article? Bien sûr, j’aurais pu te remplacer par un moment d’hier ou d’avant-hier ou de la semaine passée… car j’ai eu plein de bonne nouvelles dernièrement et pleins de moments heureux aussi… mais je ne voulais pas tricher… Je voulais te trouver aujourd’hui dans un recoin de ma journée. Et maintenant la fin de la journée arrive et j’ai l’impression que tu m’as échappé… Je repasse ma journée en revue pour te trouver, mais rien… Qu’est ce que je vais faire sans toi? Je me sens triste de ne pas t’avoir trouvé, je me sens déçue… Et soudain, ça me frappe… Tu es là! Juste là! Tu es juste là dans ce point final à mon article.

Thème 4

Présentement, par ma fenêtre, c’est l’automne. Les feuilles dans les arbres passent par assez de gammes de couleurs pour nommer au moins une centaine de peintures Sico : du jaune doré au rouge flamboyant en passant par l’orange cuivré. Il y a également encore du vert présent dans les arbres. Quelques rares feuilles de couleurs reposent sur le sol et le gazon est encore verdoyant. Tous ces indices m’emmène à dire sans hésitations qu’il s’agit du début du mois d’octobre, car un peu avant tout le paysage aurait été plus verdâtre et quelques semaine plus tard, beaucoup plus de ces couleurs se retrouveront par terre. Le vent souffle peu. Le ciel est plutôt dégagé. On assiste à une alternance d’éclaircies et de nuages. Le ciel est zébré. Le soleil éclaire d’une luminosité crue, chaude et rasante propre à une fin de journée d’automne. Le temps est doux pour ce mois d’automne. Il fait présentement 17 degrés.

Thème 5

Rends-toi au boulot lundi matin et commence la journée comme d’habitude. Reçois un appel surprenant, mais tout de même attendu. Éloigne toi un peu de l’aire de travail pour écouter. Apprends la bonne nouvelle. Reviens vers le bureau en sautillant dans tes talons hauts bourgognes. Vois tes collègues de travail se lever de leur bureau pour venir te féliciter et te sourire. Attends un peu avant d’annoncer la nouvelle sur les médias sociaux, par respect pour celle qui a reçu une moins bonne nouvelle. Vois sa publication qui confirme qu’elle a eu la nouvelle et qui en profite tout de même pour te féliciter. Annonce la bonne nouvelle publiquement à ton tour. Reçois beaucoup de félicitations. Sois énervée et fébrile toute la journée. Raconte cette aventure heureuse, mais inhabituel dans ton #defi30jours150mots. Aie plus rien à dire sur le sujet pour te rendre à 150 mots.

Thème 6

Aïe! C’est plutôt personnel ce #defi30jours150mots ! Et pourtant le choix semble s’imposer comme une évidence : ma sœur. Détrompez-vous, elle n’est pas morte, elle n’est pas partie en voyage et elle n’habite pas très loin non plus… Je la vois en fais assez régulièrement… Vous savez ce qu’elle a? Elle a une grave maladie qui s’appelle la pré-adolescence… Étant donné notre grande différence d’âge, j’ai toujours eu relation assez maternelle avec elle… Vous savez le genre de grande sœur qui invente des jeux pour faire les devoirs… Mais maintenant, rien n’est pareil; elle s’est éloignée peu à peu; passage obligé peut-être pour affirmer sa propre personnalité… Je me sens vraiment loin d’elle maintenant. J’ai l’impression que je ne la connais plus. Et pourtant j’ai essayé… de lui parler gentiment, puis en colère, puis de lui montrer que ça me faisait de la peine. Mais elle reste fermée comme une huître. Donc je prends mon mal en patience et je me dis que je retrouverai ma sœur peut-être un jour avec une nouvelle relation; d’adulte à adulte cette fois. Ce que j’essaie de te dire en fait, petite sœur, c’est que lorsque tu seras prête à m’ouvrir la porte à nouveau; je serai là.

Valérie Boudreau

Thème 1

Elle prenait la ligne verte deux fois par jour, direction Honoré-Beaugrand le matin, direction Angrignon le soir. Elle avait teint ses cheveux noirs corbeaux la veille, pour se rajeunir. Sa peau avait la texture du cuir suite aux nombreuses années à cultiver cette obsession d’un teint parfaitement doré. Été comme hiver, elle se dirigeait trois fois par semaine au salon de bronzage qui se trouvait au coin de sa rue. Le reste du temps, quand elle n’était pas au boulot, un travail qui ne lui plaisait guère dans une épicerie, elle passait des heures devant la télévision, à rêver de ce qu’aurait pu être sa vie si elle avait eu des enfants.

Thème 2

1- Pars en Asie. Restes-y le temps qu’il faut. Arrêtes d’être obsédée par cette idée, prends plutôt un billet.

2- Fais les efforts pour avoir ce physique dont tu rêves. Entraînes-toi, vas voir une nutritionniste. Arrêtes d’être déçue de ce que tu vois dans le miroir, et prends-toi en main.

3- Sois heureuse. La vie est courte. Tu le sais. Maintenant, agis.

4- Arrête d’avoir des regrets. Il n’est pas trop tard.

5- Crois en lui. Crois en l’amour. Arrêtes de douter. Aies confiance. Aimes tout simplement. Sans compter. Sans demander.

Thème 3

Pendant le petit déjeuner, que nous prenons habituellement en silence, tu es apparue. Une possibilité. Une permission de croire en un rêve. Mon amoureux t’a prononcé comme une promesse, comme un murmure. Toi, l’idée de partir pendant un an. De voyager. De voir, de goûter, de toucher, de sentir. De ressentir. De s’aimer. De croire. Tu es apparue au moment où j’avais le plus besoin de toi. Tu m’as rendue heureuse.

Thème 4

En ce vendredi 4 décembre, la température se situe légèrement en dessous des moyennes de saison. Un léger vent frisquet remue les feuilles colorées des arbres de ma petite ruelle verdunoises. Ces feuilles, une fois sur le sol, sont à la merci des pas pressés des piétons, qui ne portent aucune attention à la beauté qui les entourent. Un voisin procède à la coupe de sa pelouse pour une dernière fois et l’odeur de l’herbe fraichement coupée embaume la pièce. Le ciel est légèrement assombrie par les nuages, le sol, encore humide de la pluie de la nuit passée.

Thème 5

Cette semaine, j’ai choisie d’être heureuse. Ne riez pas. Ce n’est pas un talent que chacun possède. Lisez un livre ou deux destinés à une clientèle féminine. Rêvez au prince charmant un instant. Comparez-vous un peu. Et maintenant, essayer d’être heureux, un peu. Cessez de mentir, vous ne l’êtes pas entièrement. L’envie vous submerge de temps à autre, comme moi. Cette semaine, j’ai plutôt appliqué la pensée positive. J’ai plutôt été reconnaissante de ce que je possédais. Ça fonctionne, essayez.

Thème 6

Ma petite maman, tu me manques tu sais. J’aurais dû être plus présente, mais à la fin de ta maladie, c’était trop dure pour moi. J’étais encore ta petite fille tu sais. Tu avais raison. Tes coups de fil me manquent, tes conseils aussi. Tes courriels avant mes examens, pour me dire que tout allait bien se passer. J’espère que tu me vois là d’où tu es et que tu es fière. Je planifie lentement un projet que tu n’aurais surement pas approuvé. Un long voyage. Tu comprends pourquoi, n’est-ce pas? Je me sauve pour mieux revenir.  Pour mieux comprendre, pour tenter d’accepter. Fais-moi un petit signe de temps en temps. Je t’aime.

Ta princesse.

Éric Letarte

Add friend

Au centre-ville, elle sort d’un café bondé et croise un homme. Il ouvre la porte pour elle, qui le trouve beau. Sa réunion est trop tôt, ce matin d’hiver. Coïncidence, l’ouvreur de porte en fait partie. La matinée, rapide, se passe bien. Une interview. Sympathique.

Les dossiers courants s’accumulent, pause midi.
Routine ajournée : dîner festif, les collègues, rires et quelques verres. On sent les vacances qui approchent à la fin de la semaine qu’elle écourtera d’un jour, vendredi sera congé. Cette convivialité exaltée, mi-fausse des évènements sociaux d’entreprise l’a toujours rendu un peu mal à l’aise.

L’après-midi s’étire en attendant sa fin, il neige toujours, la tempête débute. Elle repense à l’homme de ce matin. Professionnel, gentil, sympathique. Pourquoi y repense-t-elle, au fait ? Elle fouille un peu internet, curieuse, vaguement charmée. L’alcool de ce midi.

Enfin seize heures trente et quitter son poste de travail – écran, clavier, dossiers, plantes – et retourner chez elle d’où la tempête, vue de son appartement, sera magnifique.

Deux amis en commun. Avant de partir : Add friend.

Liste

1- Navigue.
Pour oublier la terre et pour voir de nouvelles côtes. Rencontre d’autres marins. Vois si tu leur ressembles. Vis la solitude de l’horizon sans fin. Pars, loin. Un jour, remonte le Saint-Laurent. Reviens chez toi.

2- Paris.
Habite cette ville qui t’a déjà séduite. Connais-la par coeur. Fais d’elle ta maîtresse, complice. Du cafard parisien fais tes dimanches d’hiver. Mêle-toi à ses foules, pressées, anonymes. Deviens le petit québécois du coin pour le cafetier d’en bas. Et puis reviens chez toi.

3- Marche.
Du monde, marche les chemins. Prends le temps de vivre la distance impensable. Entre deux villes, deux pays, deux mers. Marche sans te soucier, des jours entiers. Pour te rendre compte que le monde n’est pas fait de destination, mais de chemins. Et puis reviens chez toi.

4- Écris
N’attends pas l’histoire, elle viendra d’elle même. Écris un texte, assez long pour t’y perdre et t’y retrouver. Et puis reviens chez toi.

5- Joue.
Reprends ton violon et maîtrise-le. Joue ces sons qui t’enivrent : classique, jazz, reel. Improvise aussi et laisse ton coeur créer. Et puis ne reviens pas.

Fête !

Tu es arrivée tranquillement, possible mais imprévue. Tu m’as rejoins au coin du bar, à mesure qu’arrivaient les copains. Jeudi, 17h30, tu as su profiter de mes moments de faiblesse.

Tu t’es vraiment pointé ferme quand C est arrivé. Là, c’est clair que tu allais prendre des proportions ! Et d’un excellent vin tu nous as donné l’entrain pour refaire le monde, présenter C à I, commander des amuses-bouches.

Quand par hasard B a appelé et que j’ai croisé S sur le trottoir – tu sais que mon portable ne fonctionne pas en dedans, ce qui ne t’aide pas parfois – tu aurais pu déraper grave. Tu nous as au moins donné assez faim pour que nous quittions notre coin de zinc avant la prochaine tournée, et tu nous as amenés continuer nos inventions au pub.

Comme tu sais si bien le faire, tu as rendu nos plats excellents, M-A s’est ajouté, non sans créer quelques remous. Tu t’es un peu calmé, après les mets… quand même il commençait à être tard et tu ne voulais pas nuire à nos boulots du lendemain. Tu nous as un peu coûté cher, mais, merci !

À bientôt !

Mostly cloudy

Vent de 5 à 8 noeuds (12 kilomètres-heure) qui baisse régulièrement à 2 noeuds (4 kilomètres-heure). Il ne cesse jamais vraiment, on dit en terme marin qu’il a des risées. Le ciel est d’un bleu légèrement pâli par l’automne et devient définitivement bleu clair vers l’horizon.

Le vent a baissé, presque disparu. 0 noeud. Lorsqu’il y en a, mais ils sont surtout au nord, les nuages sont légers, en haute altitude et le soleil les traverse sans trop de mal. Il sont étirés, fangeux.

La température, de 16 degrés celsius, baisse puisqu’il est 17h18 et que le soleil fait de même. Il sera couché, lui qui s’est levé à 6h48, à 18h18. L’humidité à 44% ne laisse pas présager de pluie pour le reste de la journée.

Pour ceux qui en auraient besoin, la visibilité est de 16,5 kilomètres et le vent remonte à 7 noeuds (13 km/h) en ce moment même.

La qualité de l’air, dans le centre-ville, est bonne.

Routine

Écris tous les jours, sur un thème différent. Chaque matin, reproduis le même rituel : lis le thème, comprend-le et souviens-t-en pour être à l’affût des gens, des choses. Trouve l’idée qui va te parler, qui va te guider vers les mots d’aujourd’hui.

Chaque jour, vers la fin de l’après-midi, prends le temps de faire le vide et crée cette petite histoire, toujours différente, qui va te libérer de tes amas d’observations. Chaque jour, choisis les mots qui décriront le mieux ce petit bout de vie, inventé parfois, ou tiré du réel.

Laisse-les ensuite te coller à la peau. Repenses-y souvent, au fil des nuits. Jusqu’au dimanche de la livraison, triture, change, revois. Rien n’est jamais achevé que lorsque l’on décide de se satisfaire de l’imperfection.

Chaque jour, vis cet instant inhabituel pour toi qui rêve d’écrire, mais ne le fais pas. C’est peut-être le début de quelque chose.

Nature

Il fut un temps pas si lointain où les weekends se passaient en forêt. C’était chaque fois l’aventure :
L’été, les randonnées en quad et la construction de cabanes.
L’automne, le tir à l’arc et la chasse.
L’hiver, glissades.
Le printemps, évidemment, l’érablière !

Ces instants de nature, sur le petit domaine familial, c’était sortir de la ville, se donner un espace de liberté où si tout n’était pas permis, la marge était grande, presque impensable aujourd’hui. C’était en un temps pas si lointain où les adultes nous faisaient confiance parce qu’il n’y avait aucune bonne raison de ne pas le faire.

Oui, bien sûr, il m’est encore possible de faire la route jusqu’à l’érablière. De retourner tirer à l’arc sur les vieilles souches pourries. Cependant, désormais, c’est qu’en allant sur ce flanc de montagne il y a d’autres choses qui ne seront pas faites. Du boulot de reporté, du ménage en retard.

Cassiopée Dubois

Thème 1

Elle est assise à son bureau, le visage fermé et les traits durcis par son expression faciale. Elle plie et déplie les papiers et enveloppes devant elle par des gestes saccadés et rythmés. La tension est dans l’air, l’impatience se touche presque.

Ce matin, elle a reçu une mauvaise nouvelle. Son patron lui a confirmé qu’elle devait apprendre le nouveau logiciel de comptabilité pour garder son emploi. Sans cela, il réduirait ses heures et engagerait une adjointe administrative, qui serait capable de faire le boulot. Plus jeune, assurément.

Bien sûr, le patron allait débourser les frais de formation, mais les heures ne seraient pas comptées dans sa semaine de travail. Le problème n’était pas là. Elle trouvait même l’entente correcte. Son anxiété, qui se dégageait de tout son être depuis la nouvelle, était plutôt reliée à sa capacité d’apprentissage. Sera-t-elle capable, à l’aube de ses 60 ans, de réapprendre son métier sur un nouveau logiciel? Elle n’en était pas si certaine.

Thème 2

Rends ta fille heureuse. Elle est ta création la plus précieuse, elle est aujourd’hui et demain à la fois, elle représente le monde pour toi. Déploie tous tes efforts à son développement.

Va au bout de ta capacité à aimer. Chéris ton amoureux, dorlote ta fille, cajole ton chien et ton chat, dépense la majorité de ton temps avec ta famille et je t’en supplie, quitte cet écran d’ordinateur quand c’est le temps.

Écris. Arrête de niaiser et de te morfondre dans des crises d’ego d’artiste ou de femme incomprise. C’est une excuse pour procrastiner. Fonce, et si tu tombes, il y aura toujours le concept de la résilience que tu pourras appliquer. Ça fera même un excellent sujet de texte.

Affirme-toi. Apprends à dire non, respecte tes limites et fais des choix selon tes valeurs, au risque de perdre ce que tu aimes parfois.

Pardonne. À toi d’abord et aux autres ensuite. Libère-toi des mauvaises émotions qui ne font du mal qu’à toi.

Thème 3

Je t’ai sous-estimé, c’est vrai. Je ne pouvais pas croire que tu intéresserais autant de gens. Je réalise même que tu réponds à un besoin criant de la communauté d’affaires et qu’ils sont curieux de savoir ce que tu peux leur offrir. Tu dépasses les attentes, vraiment!

As-tu vu tous ceux qui t’ont adopté dans la même journée? Ils ne savent même pas encore qui tu es, ils n’ont vu ni le cœur que tu as dans le ventre ni les méninges qui bouillonnent dans ta tête. Je vais avouer que tu as aussi un super beau look, on m’a d’ailleurs complimentée à cet effet plus d’une fois. C’est ma binette sur ta page d’accueil qui attire tous ces gens, tu crois? Mon chum dit que oui, tu sais bien! Eh non! Vous vous trompez, ils te visitent pour ton contenu!

Merci blogue de t’être afin dévoilé au grand jour. Tu m’as démontré que je pouvais te réaliser et tu m’as remplie de fierté aujourd’hui! Maintenant, je m’attèle au boulot pour te rendre animé, intelligent, drôle et incroyablement pertinent!

Thème 4

Quel bel été nous avons cet automne! Le soleil brille de ses mille feux et sa chaleur remplit les pièces de la maison. Son reflet dans les pare-brise des voitures et sur tous les objets métalliques du paysage ébloui complètement les regards.

Au-dessus de nos têtes, on aperçoit des filaments de nuages blancs, comme si on avait étiré une ouate jusqu’à sa limite! Il reste encore quelques papillons, mouches et sauterelles ainsi que des coccinelles, envahissant les bords de fenêtres. Les marcheurs à l’extérieur, portant des pantalons et des chandails longs, témoignent tout de même de la température extérieure. Malgré le soleil d’été, l’air ambiant demeure frais!

Toutes les couleurs du champ voisin s’illuminent, passant du rouge pompier au jaune moutarde. Les tons chauds se trouvent dans les feuilles des arbres, bientôt prêts à affronter l’hiver. Eh non! Ce n’est pas l’été, c’est simplement les jours radieux d’octobre!

Thème 5

Chéri, prend le balai qui se trouve dans la garde-robe de l’entrée, dépose-le sur le sol, et enlève la poussière sur le plancher de la cuisine. Pour le salon, les chambres et le couloir, utilise l’aspirateur : ce sera plus facile pour ramasser les poils de chat!

Tout de suite après mon amour, mets de l’eau dans le sceau rouge, avec un produit qui sent bon pour laver les planchers. Trouve-le dans l’armoire en dessous de l’évier dans la salle de bain! Ensuite, tu trempes la vadrouille (qui se trouve aussi dans le placard de l’entrée) dans le mélange d’eau chaude et de nettoyant. Essore-la vadrouille et étend la sur tout le plancher par section. Passe plusieurs fois et appuie sur le manche afin que toutes les saletés disparaissent, même celles les plus collantes. On appelle ça « laver les planchers ».

Quand tu as terminé, range les accessoires au même endroit où tu les as pris. Ainsi, deviens le plus merveilleux amoureux, rends ta blonde heureuse et permets-lui de se reposer un peu cette semaine! 😉

Thème 6

OK, c’est inapproprié et étonnant de m’adresser à toi, je sais. Mais un exercice d’écriture, ça sert à repousser nos limites, hein? Je fais tomber cette frontière pour aujourd’hui.
Je pense souvent à notre complicité unique. Tu connais sûrement la phrase : les gens ne se rappellent pas de ce qu’on dit, mais plutôt de comment ils se sentent en notre présence ? C’est aussi simple que ça, je m’ennuie de comment je me sentais quand tu étais dans ma vie. Juste te savoir disponible pour moi. Peu importe où tu étais, je pouvais te parler ou t’écrire. La solitude était moins lourde dans c’temps-là. Je faisais partie d’une équipe! Aujourd’hui, c’est différent.
C’est égoïste ce que je dis? Peut-être, mais peut-être que tu te sentais bien toi aussi en ma présence. Donc, on aurait été quitte?
En tous cas, j’m’ennuie de ça. Il semble que je puisse encore le faire, te parler et t’écrire, peu importe où tu es et surtout, qui tu es aujourd’hui. J’ai juste à y croire très fort, parce que plus aucun de ces mots ne se rendra réellement jusqu’à toi désormais.

Catherine Lapierre

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Thème 1

Un soleil éclatant réchauffe les rues du Vieux La Prairie. Une belle journée d’octobre dont il faudra profiter, car elles se feront de plus en plus rares cette année. Après une dure nuit de sommeil intermittent, Félix réussit enfin à se tirer du lit. Il dévale les escaliers, avale quelques bouchées avec un peu de lait et se dirige lentement vers la porte avant. Encore, il espère la voir aujourd’hui.

De rues en ruelles, en s’arrêtant un moment pour regarder les passants dans le parc, Félix découvre son territoire pour la énième fois, sa ville qu’il affectionne depuis toujours. Midi approche enfin, et c’est d’un pas fébrile qu’il se dirige vers ce café où elle aime tant aller.

La voici! Comme à l’habitude, il se dirige vers elle en trottinant. Elle s’approche, le salue, flatte ses petites oreilles en triangle et sa robe de poils à rayures. De sa poche, elle sort deux petites croquettes, ses préférées! C’est en ronronnant qu’il se frotte à ses pieds avant de repartir, la mine heureuse. Et déjà, il rêve à demain…

Thème 2

Écrire un livre, j’en rêve depuis que je suis toute petite. Trop longtemps, j’ai cherché mon sujet alors que je l’avais sous le nez, c’est donc le moment de mettre le projet sur papier. Oui, écrire un livre, ça fait partie de mon top 5. Maintenant, puisque nous sommes sur le sujet de l’ambition, laissez-moi vous parler de mon autre rêve : celui de fonder ma petite entreprise. Avant que je quitte pour un monde meilleur (pff, il est vraiment meilleur, l’autre monde?), cette petite entreprise verra le jour. Ses premières fondations sont déjà bâties, d’ailleurs.

Bien sûr, c’est super, les projets professionnels. Mais sur ma bucket list, on retrouve certainement mon désir de fonder une famille. Une vraie belle famille, unie, avec 1000 (ok, peut-être 2 ou 3) enfants. Et plein de chats. Ma petite famille que j’amènerais de temps à autres dans la maison que je bâtirai sur la terre de mon père, aux Iles-de-la-Madeleine. On trouverait même le temps d’aller visiter les célèbres pyramides. Parce qu’elles m’impressionnent depuis toujours, parce que j’aimerais en découvrir plus sur les mystères qu’elles contiennent.

On va faire la belle vie? Ah oui, on va faire la belle vie!

Thème 3

Parce que c’est l’automne et que j’aime l’automne, parce que j’attendais avec impatience le temps du cocooning et du comfort food, parce qu’il ne m’en faut pas beaucoup pour être heureuse, tu m’as ravie en cette belle fin de journée jeudi. Ton bouillon, à la température idéale, au goût réconfortant et tes croûtons grillés à la perfection, se fondant avec le mélange de fromage et d’oignons, ont titillé mes papilles et réchauffé mon cœur.

Tu ne pensais pas me faire cet effet? Après une journée occupée au bureau et un retour dans la circulation, ce moment de détente, à te savourer, m’a donné l’énergie pour passer au travers d’une grosse soirée d’études. Chère soupe à l’oignon gratinée, c’est avec gratitude que je te remercie pour ce petit instant. L’automne ne fait que commencer : je te dis donc à bientôt, pour un prochain rendez-vous de pur bonheur!

Thème 4

Aujourd’hui, l’été a officiellement cédé sa place à l’automne. Un temps nuageux, parsemé de minimes éclaircies, rend le paysage sombre et fait ressortir les couleurs éclatantes des érables de la cour. Les vêtements, mis à sécher, sont secoués par ce vent chargé d’humidité. Vêtements qui, malheureusement, devront être rentrés en raison de ces petites gouttes de pluie qui commencent à tomber.

40% de probabilité d’averses, qu’ils prévoyaient. Une pluie fine d’automne qui rafraîchit, qui ajoute une note mélancolique au tableau. Dehors, les gens marchent tantôt avec un parapluie, tantôt avec un imperméable sur le dos, ou passent en courant car ils n’ont pas prévu le coup. L’autome : ce temps où il faut prévoir plus d’un ensemble lorsque l’on désire sortir.

Le temps d’écrire ces lignes, l’averse s’est terminée. En regardant vers le ciel, on voit le soleil poindre au travers des nuages. Une météo changeante, une météo d’automne, comme on les aime.

Thème 5

Cette semaine, j’ai vécu quelque chose de particulier, quelque chose qui m’amènera à me dépasser. Tout a commencé à la fin du weekend précédent, alors que j’ai pris la décision de relever le défi suivant : écrire 150 mots par jour, tous les jours, pour 30 jours. Un ajout à mon travail à temps plein qui consiste à écrire des milliers de mots, tous les jours, pour toujours, mais aussi, accessoirement, à mes 4 cours de la session qui consistent à écrire, à tous les jours. Faites ce qui vous passionne, disaient-ils, et vous serez heureux!

Ma semaine s’est donc résumée ainsi : respire, revois ton horaire, sois créative, respire, repose-toi, travaille, élabore ton plan, joue avec les mots, respire et calme-toi. Maintenant, au 5e jour de ce défi, je me dis : ce n’est pas mal du tout, continue! Et à vous, je dis : quelle que soit votre ambition, suivez vos rêves! Foncez, dépassez-vous, et vous réussirez.

Thème 6

Chère Grand-Maman Eveline, celle que j’aurais tant voulu mieux connaître, tu es partie trop tôt, j’étais trop petite. On me dit que je te ressemble, Grand-Maman. On me dit que je « marche comme toi »! Toi qui était une battante, qui a dû quitter tes Îles natales pour trouver du travail, pour nourrir tes plus petits. Mon père, c’était ton plus petit.

Maintenant que je suis grande, j’aurais tellement de choses à te dire, tellement de questions à te poser. Comment a été la vie pour toi? J’aimerais t’entendre me raconter de ta voix ce qu’on m’a dit de toi. Tu semblais être tout un numéro! Est-ce vrai, Grand-Maman, que tu as passé l’aspirateur sur ton chat parce qu’il perdait trop de poils? Est-ce vrai que tu contournais les meubles en peinturant les murs chez toi, à 85 ans?

Heureusement, la famille est là pour me raconter ces anecdotes, pour me faire sourire. Je garde le souvenir d’une femme forte, positive et drôle. J’aimerais par contre que tu puisses lire ces lignes, que tu saches que même si je ne te l’ai jamais dit, je m’ennuie.

Annik Lepage

Blogue

Thème 1

Monsieur Gérald était routinier, il appréciait déjeuner à la même heure tous les jours et espérait toujours avoir le temps de se balader avant de débuter sa journée. Son entourage considérait qu’il n’était ni trop gros, ni trop mince, il se nourrissait bien et les journées non-pluvieuse, il sortait à l’extérieur et aimait tourner en rond. Il savourait davantage les matins boueux mais ne recevait jamais l’invitation de s’y tremper les pattes. Sans ses maitres, les journées étaient longues mais il ressentait quotidiennement la fébrilité des fins de journée. Ces moments où chaque petit bruit porte l’espoir dans l’attente. Il était membre du conseil des éternels optimistes, il faisait partie de la classe des gens qui n’ont besoin que d’un bol d’eau, d’un peu de nourriture (parfois beaucoup) et d’une bonne dose d’amour pour être heureux. Gérald de son prénom était le chien de la voisine, il me saluait tous les matins non-pluvieux.

Thème 2

Jeune femme qui se préoccupe de ce qui adviendra de sa vie, c’est à toi que je parle.
Tu crois que c’est en écrivant ta vie que tu réaliseras ce que tu voulais enfant? Tu as probablement couru des kilomètres de mots mais trop peu de souvenirs t’appartiennent vraiment. Je t’ordonne de lire cette liste et de réaliser les conséquences de tes non-actions.

Premièrement, apprends deux langues, évidemment l’anglais n’est pas une de ces langues puisque l’objectif est de voyager et communiquer dans une culture qui se trouve à certaines distances de la tienne.

Deuxièmement, tu dois garder dans ta vie, aussi longtemps que possible une famille adoptive. C’est-à-dire des gens qui t’acceptent sans avoir besoin de t’inclure dans leur quotidien.

Troisièmement, tu dois avoir gouté un vin et mangé un repas local dans au moins 9 pays différents. Le vin c’est une partie intégrante de la culture et savourer un repas préparé avec soin c’est se sentir chez soi ailleurs.

Quatrièmement, tu devras rencontrer quelqu’un qui t’inspire. Tout simplement pour savoir ce que ça représente inspirer les autres et possiblement te pousser à ouvrir tes grandes ailes de papillon et voler un peu.

Cinquièmement, tu devras sourire. C’est facile, tu crois? Tu devras sourire même quand tu as l’impression que ton visage n’est qu’un rocher gris et mélancolique. Puisqu’à la fin, tu pourras te dire que tu as passé ta vie à partager un sourire.

Thème 3

Tout a commencé les cheveux emmêlés et les traces de l’oreiller sur la joue. Tous les symptômes étaient présents, j’avais bien dormi. Je descendis une par une chacune des marches de l’escalier, permettant ainsi à mes deux yeux de s’ajuster à la lumière automnale. J’appuyai alors sur le bouton de la machine à fabriquer les bonheurs comme toi sans avoir à s’énerver avec la bonne quantité d’eau ou les filtres qu’il faut changer. Tu étais prêt et fort odorant. J’ai mis mes mains sur ta longue coquille à pois, tu étais en pyjama comme moi. J’ai trempé mes lèvres dans le chaud liquide brun pâle. Tu me réchauffas le cœur et l’intérieur de mes mains. Tu m’as accompagné à l’extérieur, tu m’as procuré la motivation nécessaire pour débuter ma journée. Tu as laissé tes traces sur mon journal. Sans toi, les matins ne seraient pas aussi réconfortants. Je dois t’avouer quelque chose cher café quotidien, je te serai fidèle jusqu’à ma première crise cardiaque.

Thème 4

‘’Y fa frette icit’’ qu’elle hurla. J’ai alors regardé par la fenêtre. Je n’en croyais pas mes yeux. Le ciel était bleu mais semblait moins agité que la mer et le soleil brillait clairement. Pourtant le mouvement instable des arbres m’indiquaient qu’ils grelotaient autant que ma femme. Le toit du voisin était vêtu d’une fine couche de glace, à peine plus épaisse que celle qui cause des accidents sur la route. Le vent permettait à un minuscule nuage de s’approcher dangereusement du soleil. Il semble vouloir le cacher et le couvrir complètement afin de garder l’immensité de sa chaleur pour lui et sa petite ouate blanche. En regardant à l’extérieur, rien ne m’indiquait que je pourrais avoir besoin de ma laine. Cependant, si je baissais légèrement la tête chaque piéton se couvrait de ses plus beaux habits automnaux sans oublier l’ajout d’une paire de mitaines et d’un foulard douillet, même le chien de la voisine semblait nécessiter le port de ses pantoufles.

Thème 5

Crois-moi lorsque je te raconterai cette histoire. Ouvre ton cœur et ferme ta bouche. J’étais à la bibliothèque, un homme m’a demandé de l’aide avec la photocopieuse. Ris fort puisque je n’y connais rien. Je lui ai demandé s’il avait de la monnaie puisqu’il devait payer directement le gobe-sou. Il me dit non, pleure pour lui. Cherche dans ma poche et trouves-y la monnaie nécessaire. Je lui ai alors offert de payer ses copies. Sois bouche-bée de ma suggestion car il avait la bouche grande ouverte et l’orgueil de mâle meurtrie. Parles-lui, il était argentin et devait prouver son existence au gouvernement à chaque 4 ans. Il avait appris le français sur place et mais pourtant c’était un français impeccable qui garnissait ses phrases, applaudis-le.
C’est en me remerciant à mainte reprise qu’il a quitté la bibliothèque, attrapes chaque portion de sa gratitude. Quelques minutes plus tard, je me suis retourné, retiens ton souffle, c’était le jeune homme qui tenait à m’offrir un chocolat. Il venait d’une boutique équitable non loin de là, souris, gaves-toi.

Thème 6

Je regarde sans cesse mon téléphone cellulaire pour constater qu’il n’y en a aucun message. Les souvenirs se batissent sur une multitude de moments qui souvent sans trop savoir pourquoi étaient plus importants que prévu. C’est un peu comme notre amitié, je t’ai adopté sans trop savoir la place que tu prendrais. Tu n’avais pas l’air d’un elephant pourtant. Je souhaite que tu trouves ce que tu churches là-bas, je partirai moi aussi. Tes réponses me manquent, je pose autant de questions mais elles flottent et s’accumulent. Tu as probablement vu de magnifiques paysages, parler trop souvent espagnol et marché beaucoup plus loin que mes pieds me le permettent. J’ai besoin d’être surprise et de boire le meilleur Zifandel avec du chocolat noir. Je ne veux pas que tu reçoive cette lettre puisque mon ennui est purement égoiste. Il faut simplement que lorsque tu reviennes tu n’oublies aucune de ces histoires et que tu prennes le temps de me donner des réponses. À bientôt mon amie, tu me manques.

Julie Bureau

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Si seulement…

Cet homme, tout près de moi, qui empresse sa fille d’entrer dans la cour d’école, préoccupé par l’appel téléphonique auquel il vient de mettre fin. Celui-là même qui négligeait de faire un arrêt complet un peu plus tôt à l’intersection. Je voudrais lui faire comprendre, mais il ne lèvera pas la tête pour me regarder. Si seulement il savait ce qui l’attend.

Quand il va cracher à son assistante quelques paroles blessantes parce que son café n’est plus assez chaud et qu’il claquera la porte au nez de son collègue trop bavard au sujet de son nouveau-né; je voudrais être là pour lui dire.

Quand il va ignorer les appels insistants de son épouse qu’il a quitté trop rapidement ce matin, pressé de retrouver le confort de son bureau, ce lieu où il passe la majeure partie de sa vie. Je prie pour qu’il m’entende.

Dans quelques heures, plus rien de tout ça n’aura d’importance. Dans 194 minutes très exactement, cet homme s’effondrera dans un grand soupir, son dernier, seul dans cet endroit qu’il semble tant aimer.

Thème 2

Courir 10 kilomètres
« Courir? Jamais plus! », c’était décidée, définitif, sans retour. Aies le pouvoir de changer les choses… Apprends à courir… Dépasse-toi… Quelle satisfaction ce sera! Fais un pied de nez aux petits amis qui se moquaient si cruellement de toi. Vas-y!

Être mon propre patron
Dépasse tes propres limites, surmonte ton insécurité. Fais-toi confiance! Travaille plus, reçois plus. Deviens l’auteur de ton propre succès. Amuse-toi!

Posséder une terre en campagne
Profite de la nature sitôt le pied dehors. Élève tes enfants dans un air pur, à l’abri des dangers de la ville. Inspire-toi du son des oiseaux ou du ruisseau.

Être massothérapeute
Comprends cette puissante machine qu’est le corps humain. Aide les autres à se sentir bien. Transmets cette énergie qui bouillonne en toi.

Écrire un roman
Fais-le! Couche sur papier tes histoires. Lance-toi! Juste pour le plaisir… Tiens entre tes mains, enfin, ce qui trotte dans ta tête depuis si longtemps.

Quelle fierté!

Enfin, après plusieurs mois d’attente et d’appréhension, tu es là, devant mes yeux. Je peux te présenter à tous, non sans une certaine fierté. Je t’ai imaginé pendant si longtemps. Bien sûr, j’ai vu quelques images, une ébauche de toi-même à différents stade de ta formation, mais de t’avoir sous les yeux aujourd’hui, c’est un sentiment d’accomplissement qui frôle l’euphorie! Tu n’es plus une image sur un écran. Tu t’animes sous nos yeux, tu réagis à nos interventions. Vraiment, tu es mieux que ce dont j’avais espéré.

J’aime ces petites touches rouges et ces ombres qui soulignent tes traits. Ça te rend unique et donne envie aux gens de te découvrir davantage. Tu es à la fois complexe et si simple, facile d’approche. J’ai vécu quelques moments d’angoisse au cours des derniers mois. J’ai même douté à plusieurs reprises. J’ai souhaité ensuite précipiter ton arrivée, mais aujourd’hui, je suis heureuse d’avoir pris le temps de mettre au point le plus beau des sites Web!

Respirez, l’hiver est encore loin!

Aujourd’hui, le soleil brille à l’extérieur et se reflète sur l’eau de la piscine. J’ai bien l’impression qu’il fait dehors une belle chaleur d’automne, le mercure semble être au-delà des normales saisonnières. Les branches des arbres qui vibrent à peine et leurs feuilles qui les quittent lentement et balayent la rue laissent deviner un vent léger, tout en douceur. Le ciel est dégagé, d’un bleu clair et ne laisse pas voir un nuage à l’horizon. On dirait bien une journée idéale pour étendre la lessive à l’extérieur et capturer les effluves automnaux bien présents dans l’air.

Le temps semble aérien, la pression atmosphérique à la normale, l’air pur, le pollen à son indice minimal. Rien ne laisse présager la grisaille automnale habituelle à cette période de l’année. Tout est calme et brillant, mêmes les fleurs tiennent le coup! Ce sera assurément une journée dont il faut s’emparer!

C’est la guerre!

Va-t-en sale virus! Sort de notre bureau et de nos vies! Laisse notre nez respirer un peu d’air frais et nos poumons s’oxygéner une bonne fois pour toutes. Soulage nos muscles endoloris et donne un peu de répit à notre tête sur le point d’éclater.

N’essaie surtout pas de t’installer dans le corps d’autres de nos collègues. Allons les filles, aux grands maux les grands moyens : désinfectons notre espace de travail, portons fièrement le masque, avalons des cachets d’échinacée et buvons des litres de jus d’orange. Gardons la tête haute et soyons fortes : la guerre est déclarée! Réagissons avant que ce sale virus ne décime encore plus nos troupes.

Profitons de ce weekend pour refaire nos forces. Prépare-toi saleté de virus, car lundi approche et ta fin aussi. Restons à l’affût du moindre symptôme, osons imposer la quarantaine et le lavage de mains. Ne laissons plus jamais un virus nous séparer ainsi. La guerre est finie.

En souvenir de toi

C’est dans de petites actions du quotidien que je te retrouve. Dans ces phrases que tu répétais et qui n’avaient alors aucun sens pour moi, je pense à toi. Et maintenant, je les comprends tes drôles d’expressions!

Lorsque je vois des enfants se chamailler et que je pense que « ça va virer aux jeux de chiens ça ». Je comprends maintenant ta métaphore.

Lorsque je cuisine en versant mes ingrédients dans un bol sans les mesurer vraiment et que je me dis « vas-y à peu près, de toute façon tu vas le voir ». Je comprends maintenant ce que je devrais voir.

Lorsque j’ordonne à tous de chausser leurs pantoufles les soirs d’hiver et que je le fais « pour pas qu’ils prennent du froid aux pieds ». Je comprends maintenant l’amour dans le geste.

Tu me manques beaucoup, mais plus je vis et plus je comprends. En vieillissant j’ai l’impression de me rapprocher de toi et ça me rend heureuse.

Patriq Chénier

La fois où tu m’as croisé

Je ne marche jamais seul dans les couloirs du métro.

Malgré le fait que je ne connaisse personne, je suis toujours envahi d’odeurs, de paroles et même de touchers. Je ne suis pas maniaque, mais je déteste me faire toucher par quelqu’un que je ne connais pas, même par erreur. C’est la même chose au bureau, je n’aime pas être dérangé dans ma routine matinale : aller à la cafétéria, préparer mon café et lire le cahier Art de La Presse. Je déteste quand on vient me parler et interrompre ma lecture, c’est comme de me lever du mauvais pied.

De plus, je déteste me faire observer. Vous savez ce genre de sentiment désagréable que l’on a quand les gens vous regardent, quand ils vous jugent? C’est exactement comme ça que je me sens en ce moment.

Qui es-tu? Oui toi qui me décris en ce moment? Pourquoi moi, qu’ai-je fait? Que racontes-tu sur moi?

Mais comment peux-tu autant me connaître toi qui ne m’as que croisé aujourd’hui?

La fois où il fallait que je me justifie

Cinq choses? Pourquoi seulement cinq? Il me semble que la liste devrait être plus longue, Non? Ah! OK, on justifie seulement cinq d’entre elles.

Qu’est-ce qui vous dérange dans le fait que je veux me farcir les 6 films Star Wars dans la même journée? Je suis geek OK, bon.

Oui j’ai l’intention d’apprendre le chinois ou le japonais, et la raison c’est juste parce que.

Quel plongeur ne rêve pas de plonger dans la grande barrière? Ben moi oui, et laissez-moi vous dire que personne ne m’en empêcheras.

Faire le chemin de Compostelle, bien du monde disent que c’est ‘quétaine’ mais pas moi. Je pense que c’est une bonne façon de se retrouver.

Finalement, je sais que je serais très bon pour donner des conférences. Je vous mets au défi de me le proposer.

Si vous voyez ma liste complète, nous en aurions pour bien plus longtemps.

La fois où j’ai soupé avec Patrice Roy

Dans la vie, les petits bonheurs sont souvent anodin, simple et se construisent sans trop de travail.

Tu sais que je parle de toi n’est-ce pas? Tu es arrivé aujourd’hui dans ma journée au moment où j’en avais vraiment besoin. Tu sais que j’ai eu une journée ‘tellllement’ agréable (tu comprends l’ironie n’est-ce pas?), que tes discussions avec moi me calment et me frustre aussi, mais tu me les racontes d’une façon tellement désinvolte et pausé que je ne peux qu’apprécier c’est moment. J’aime bien quand tu ne te prends pas au sérieux lorsque tu bafouilles d’une façon agréable qui nous démontre ton côté humain, je pense entre autre au moment où tu t’y aies pris à deux fois pour mentionner le mot ‘élaboration’. Merci d’être qui tu es.

Je sais que je ne prends pas souvent de temps avec toi, mais je voulais que tu saches que ta présence est très appréciée que j’aime bien te retrouver dans mon téléviseur les soirs de semaines.

La fois où je suis devenu météorologue

Les superlatifs sont nombreux aujourd’hui : morne, terne et sans intérêt.

Gris, c’est le mot exact pour décrire la température et la lumière extérieure. Gris #6b7079 pour être plus exact selon la chromatographie. Le soleil se fait très timide pour ne pas dire paresseux mais en réalité, il n’est en rien responsable. Emmitouflé dans les nuages qui le cachent, il reste invisible et discret. Le vent semble absent, aucun bruissement de feuilles n’est perceptible dans les arbres. Le froid, ou plutôt la fraicheur semble avoir envahie les rues de la métropole. Du haut de mon 10e étage, les gens semblent pressés de retrouver la chaleur de leur bureau ou de leur voiture, marchant d’un pas rapide bien capitonné dans leur manteau et foulard.

Aucun espoir de terrasse aujourd’hui sauf pour les fumeurs et les plus courageux. L’idéal : un café au chaud à l’intérieur. Le temps des jupes et de prélassement dans les parcs est bel et bien derrière nous.

La fois où j’ai trouvé ça inhabituel

Reste attentif et travaille fort. Les deux écrans monopolisés de commentaires, réagis rapidement et de façon concise et précise. Les gens ne sont pas nécessairement contents avec raison mais les changements créent toujours des remous. Reste positif et concentre-toi.

Le directeur arrive. Encore une réunion afin de mettre à jour l’information. Ne stresse pas, c’est sûrement une rencontre comme les autres, ne prend pas tout sur toi, tu as le dos large mais tout de même. Tes stratégies ont portées fruits jusqu’à présent, tout vas bien. Dirige-toi vers la salle de rencontre avec calepin et crayon. Prépare-toi à argumenter, à contredire et proposer des alternatives.

Champagne! OK c’est bien mais… On fête quoi? Ton travail, ton acharnement, ta présence dans notre équipe. Tout se déroule comme prévu et tes interventions sont justifiées et bien placées.

Soit content, les compliments restent rares dans le métier. Prend et apprécie. Bois et discute. Profite de cette fin de journée.

La fois où j’ai pensé à toi

Depuis plusieurs années tu nous as quittés pour aller à l’autre bout du pays. Tu y as fait ta vie, tu t’es mariée et tu as élevée deux enfants, mais maintenant tu te retrouves seul. Il t’a quittée mais tu restes prise entre ses griffes. Impossible de te voir revenir parmi nous sans abandonner tes enfants, chose que nous savons très bien que tu ne feras pas, chose qui ne se pense même pas.

La distance fait que je pense à toi souvent mais que je me sens démuni devant le calvaire que tu vis, devant les misères dont tu te retrouves. J’aimerais tellement en faire plus, que tu reviennes parmi nous, refaire des soupers de familles comme nous avions l’habitude, rire ensemble, et pleurer nos séparations.

Tu es loin, certes, mais tu hantes mes jours. J’essaye tant bien que mal, de te faire parvenir des ondes positives afin de t’aider à passer au travers cette aventure vraiment désagréable. Ne lâche surtout pas, le soleil est pour bientôt, la preuve, tes gars qui s’épanouissent malgré tout, c’est que tu dois faire un sacré bon travail. Porte-toi bien.

Marie Prévost

Journée d’automne

Avez-vous déjà remarqué comment le monde est beau? Malheureusement, avec le rythme de vie effrénée imposé par la société d’aujourd’hui, il est rare que l’on prenne le temps de regarder les merveilles qui nous entourent. Mais parfois, il ne suffit que de quelques secondes pour nous rappeler à quel point la vie est magique. Aujourd’hui, pendant que j’attendais mon tour à un feu de circulation, mon regard tomba sur une vieille dame assise à un banc de parc. Ses yeux étaient illuminés et ses lèvres frémissaient; on aurait dit qu’elle chantait. Intriguée par ce manège, j’éteignis la radio et je baissai la fenêtre de ma portière.
POUET! POUET! klaxonna la voiture derrière moi. Évidemment, je n’avais pas choisi l’endroit idéal pour contempler le genre humain. Mais, juste avant d’accélérer, je jetai un dernier coup d’œil à l’inconnue qui s’émerveillait et je me surpris à l’envier d’avoir su garder son cœur d’enfant.

Thème 2

Ce premier vendredi d’octobre en est un des plus tristounets. En fait, c’est probablement la journée la plus ennuyante, côté température évidemment, de la semaine. En effet, le ciel a revêtu une teinte bien plus morne que les jours précédents : il a préféré se tourner vers les tons de gris de pluie plutôt que vers le jaune ultra-soleil. Pour rendre le tout encore plus monotone, le temps semble s’être arrêté, rien ne bouge, pas le moindre petit brin d’herbe. Heureusement, les couleurs de l’automne amènent un peu de gaité dans cet avant-midi maussade. Les orangés flamboyants, les rouges feu et les jaunes ocre tentent en vain de réveiller, monsieur le Soleil qui semble s’être assoupli, épuisé de toutes ces journées de beaux temps passées. D’ailleurs, n’oubliez pas votre petite laine bien colorée afin de pouvoir profiter de cette journée puisque le froid s’immisce lentement, mais sûrement, sur la ville.

Thème 3

Grand-maman, tu me manques. Toutes les fois où je m’assieds pour coudre ou bricoler, je pense à toi. À toi et à toute la patience que tu as eue lorsque tu m’enseignais à maîtriser l’art des aiguilles. Cette patience grand-maman, je ne l’ai pas et quand ma fille me demande de lui apprendre à manier l’aiguille ou le crochet, je me remémore les nombreuses heures passées à tes côtés. Ça fait déjà plus de dix ans que tu es partie, et je regrette d’avoir été si insouciante à l’époque où tu étais encore en vie. J’aurais voulu pouvoir profiter pleinement de ta présence, de ta sagesse. Parfois, quand j’ai des soucis, j’aime croire que tu es là, et que tu me souffles la solution à l’oreille. Tu étais une personne aimante, dévouée et sage. J’espère un jour être capable de m’élever à ta hauteur. Au plaisir de te revoir.

Alexandra Philibert

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Thème 1

Elle se réveille et enfile ses vêtements. Cette gente dame qui n’a pas la langue dans sa poche, est d’un calme paisible à la maison. Chaque jour, elle prend un café à la table et se prépare à combler sa journée par un projet. Un projet pour chasser l’ennui que l’absence de son mari et de ses enfants, maintenant trop grands qui meuble sa vie. Elle s’occupe l’esprit. Crayon à la main, elle note les items qui seront nécessaires à la réalisation de son idée. Certains se rendent à l’épicerie, elle, c’est les magasins d’artisanat. Elle gave ses yeux de couleur et remplit sa tête d’idées. Ces idées qui la garderont en vie encore un moment. Elle retourne chez elle, s’occupe et se fait à souper. De la soupe, évidemment. Après avoir écouté ses téléromans qu’elle suit religieusement, elle retourne se coucher. Et demain, elle recommencera, jusqu’à ce que ses paupières se ferment une dernière fois.

Thème 2

Avant de mourir, je veux :

1- Avoir une maison à la campagne
C’est le seul endroit où je respire normalement. C’est un havre de paix dont j’ai besoin dans ma vie.
2- Vivre un an en Italie pour y apprendre la langue et vivre la Dolce Vita. On dirait que le stress ne les atteint pas.
3- Me faire tatouer «Fall seven times, get up eight » Parce que je me relève chaque fois que quelque chose m’amène vers le bas.
4- Assister à un match de la LNH dans chacun des 30 amphithéâtres. Pour vivre l’expérience sportive de différentes villes, et me faire découvrir le plus de villes possibles.
5- Être publié avant mes 30 ans : Je n’attendrai pas le moment parfait. J’ai le talent, j’ai un roman d’écrit. Je dois seulement trouver le courage et si tu me remets en cause, tu seras le premier élément à me donner le courage.

Thème 3

Tu me permets de souffler, de divaguer. Les mots coulent de mes doigts comme un ruisseau et je me sens bien, tu me fais sentir bien. T’es mon moment de grâce dans une journée un peu mauvaise. T’évacues les mots qui sont pesants dans mon dedans, mais salvateurs à l’extérieur. Ta meilleure amie t’accompagne, celle qui m’apaise. Tu sais, celle qui choisit les bons mots pour me parler? Cette douce musique qui joue dans mes oreilles, oui, celle-là. Cette petite boite métallique orangée qui joue des chansons qui ne passent pas vraiment à la radio, une petite saveur du Tennessee. Oui, cette musique-là. Et toi, tu te tiens là, blanc, prêt à recevoir ces tâches de noir. Cette encre qui te marquera à jamais. Qui met en place mes idées. Toi, t’es l’écriture, t’es mon havre de paix, t’es l’amour de ma vie, t’es mon poumon…t’es ce texte que j’écris.

Thème 4

La température est incertaine. Le soleil se cache parmi les nuages. Il éclair, mais pas vraiment. Quelques gouttelettes froides tombent par ci, par là, en intermittence, un peu éparpillées. C’est doux et triste à la fois. L’armure grise que forment les nuages nous enveloppe de façon quasi étouffante mais de façon maternelle à la fois. Ce matin, le ciel il est contrastant. Un peu incertain, sans savoir s’il devait se lever ou non lui aussi. Il serait resté couché comme toi et moi. C’est une journée où la chanson Someone Like You d’Adele, ou sa discographie complète, aurait pu jouer en trame sonore. C’est comme si la température s’était figée et que la semaine ne se terminait pas. Un petit vent frais secoue les arbres, signe que l’automne est vraiment présent, malgré la chaleur des derniers temps. C’est une température de vendredi qui s’est prit pour un mercredi.

Thème 5

Salut, ça va? On se parle souvent, mais on dirait que je le sais pas, que tu me le dis pas vraiment. Je sais pas finalement. Est-ce que tu vas bien dans ta bulle? Qu’est-ce qui se passe dans ta vie? Non, mais je veux dire, à part ce qu’on sait déjà, ce que les réseaux sociaux me disent…Je m’ennuie…de ces silences, de ces non dits, de ces bribes d’informations qui m’étaient destinées, de ces moments rien qu’à nous. Tu me manques. Toi, tout ce que tu es. Sans raison. Juste comme ça. Ton sourire, tes mots, ta folie, l’impression que je suis importante. Mais quand j’y pense…quand je cherche à m’expliquer pourquoi tu me manques…quand tu es tellement proche, pour justifier cet ennui, je me demande toujours si c’est de toi dont je m’ennuie ou si ce qui me manque le plus, c’est la possibilité de plus…ce nous. Ce que nous étions, ce que nous aurions pu être. Ce que…j’avais imaginé…ce nous.. qu’on était peut-être pas finalement.. et toi? Est-ce que tu t’ennuies?

Myriam Plante

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Thème 1

Il s’appelle Réal. Ou du moins, c’est un nom qui lui irait bien. Je suppose qu’il se lève de bonne heure tous les matins. Il habite dans une résidence pour personnes âgées semi-autonomes, située près d’une piste cyclable.

Ce matin, après avoir pris son café, Réal est parti faire un tour avec son quadriporteur. Il a mis son chapeau, et son manteau coupe-vent noir, car les journées rafraîchissent. Il a suivi la piste pour se rendre jusqu’au lac. Il ne fait jamais le tour complet du lac, parce que même si c’est son quadriporteur qui fait le travail, ça le fatigue un peu. Il a rencontré des gens en chemin, mais ici, personne ne se salue. Enfin, il s’est arrêté pour regarder le lac. Il espérait que les oies soient arrivées, mais il n’en a vu aucune.

Au bout d’un moment, il a fait demi-tour pour rentrer chez lui. C’est là que je l’ai vu, par la fenêtre de mon appartement.

Réal est allé dîner. Plus tard, il ira peut-être jouer aux cartes avec ses voisins de résidence, à moins qu’il ne préfère regarder la télévision.

Thème 2

Je n’ai pas de bucket list. J’avoue que je ne savais même pas ce que c’était, avant le Défi.
Comment justifier ce que je n’ai pas? Je ne dresserai pas ma bucket list en un jour!

En faire une, comme ça, vite, sans trop réfléchir? Je dirais:
Continue à écrire! Publie. Partage. Trouve des gens qui aiment ce que tu fais. Qui vont lire, dire bravo, et merci.

Voyage! Rien de précis. Pas encore de destination précise. Mais tu aimes voyager. Tu as toujours aimé ça. Go!

Suis ton cours! Suis ton cours de maquillage d’effets spéciaux. Celui que tu veux faire depuis longtemps. Même si ça ne sert à rien au final.

Parachute! Saute en parachute. Non, ne saute pas! Sois en train de tomber en parachute. Sauter de l’avion, c’est le pire bout.

Ça fait quatre seulement. Il y en a peut-être trop pour en ajouter un cinquième.
Fais une bucket list, une vraie? Ou pas. Improvise?

Thème 3

Toi, ô, opportunité d’aller passer la fin de semaine à Montréal chez mes cousines, je te salue, et je te remercie.

Toi, opportunité de profiter du fait que mon amie et coloc partira ce soir pour New York, et laissera sa voiture à Montréal au passage, tu m’offres la chance de profiter d’une petite fin de semaine de vacances qui, bien que n’arrivant pas exactement au moment idéal, est très appréciée.

Tu vois, on est seulement le 3 octobre, aujourd’hui, et déjà, je vois à quel point le mois va être chargé. Oh, je ne peux pas vraiment me plaindre: j’ai du travail à faire, oui, mais surtout, je travaille sur de nombreux projets artistiques en même temps. J’ai un horaire chargé, que je me suis en majorité imposé à moi-même… Mais je suis capable de prendre conscience du fait que parfois, ça fait du bien de dire «bebye!», et de prendre une pause.

Merci à toi, donc! Merci aussi à ma coloc et à son char, et à mes cousines de me recevoir.

Thème 4

Aujourd’hui, le ciel est gris et restera gris, oui oui, un ciel nuageux, avec peut-être une petite chance d’apercevoir des parcelles de coucher de soleil en fin de soirée. En raison de la couverture nuageuse plutôt uniforme, l’occasion n’est pas idéale pour voir des animaux ou des personnages moustachus en regardant le ciel.

La température sera agréable mais un peu fraîche, avec peu ou pas de vent. Nous n’avons prévu aucune précipitation, vous pouvez donc laisser votre parapluie à la maison sans crainte. Quant au facteur humidex, à ce temps-ci de l’année, il n’intéresse pas vraiment personne.

Il n’y a pas grand chose d’autre à dire sur cette journée plutôt normale pour la saison, et qui sera banale ou agréable, selon ce que vous déciderez d’en faire. Je vous conseille donc amicalement de sortir de chez-vous, ou du moins, de ne pas passer toute la journée à regarder le canal météo.

Voilà qui met fin à votre bulletin météo!

Thème 5

Ça c’est passé samedi passé.

Je me suis dit: lève-toi tôt. Beaucoup trop tôt. Sors de chez toi, marche rapidement jusqu’au pavillon du lac, et serre la main du maire, pourquoi pas. Les autres gens présents, tu ne les connais pas.

Écoute une conférence de presse hors du commun. Ensuite, pars à courir. Fais un peu de jogging, en fait. Marche, cours, marche, cours encore un peu.

Fais un high five à une mascotte de tigre! Et puis vas-y, complète le tour du lac. Tout ça avant 11 heures.

De retour chez toi, participe à un sondage qui te permettra peut-être de gagner un tour d’hélicoptère au-dessus de la ville.

Ensuite, va jouer aux quilles avec ta coloc et ses parents en visite. Fais même quelques abats. Super!

D’accord, je ne me suis pas exactement dit tout ça… Mais je l’ai fait.
D’habitude, moi, le samedi matin… je dors.

Thème 6

Chère personne de qui je m’ennuie,
en fait, je ne m’ennuie pas. Pas vraiment. Ma mère dit souvent que je ne suis «pas ennuyeuse», et c’est vrai. On dirait que je ne sais pas comment faire pour m’ennuyer de quelqu’un, ou que je n’ai juste pas le temps.

En fait, je crois que les personnes dont je serais le plus susceptible de m’ennuyer sont celles que je vois le plus souvent, et donc, je ne m’ennuie pas d’elles.

C’est un peu cheap à dire, peut-être… mais c’est comme ça.

Mais sache que si je ne te vois pas souvent, ce n’est pas parce que je ne t’aime pas. Si je ne demande jamais de tes nouvelles, ce n’est pas parce que ça ne m’intéresse pas, ou que je ne tiens pas à toi.

C’est plutôt que j’ai trop de choses à faire, et trop de choses en tête pour avoir conscience du fait que le temps passe, et qu’on ne se voit presque jamais.

Désolée.

Émilie Turcotte-Blais

Blogue

Thème 1

Ce zèle imbécile qui se trouve en moi, je lui déclare la guerre tous les jours. J’ai beau vouloir rester seule dans ma bulle pensive, je croise chaque jour des gens voilés qui la traverse. Aujourd’hui, ma quête fut brouillée par une emmerdeuse. Je gage qu’elle s’est levée ce matin, en se félicitant d’être une merveille. Son seul obstacle fut le temps. Il courrait à la perte de sa gracieuseté. Sa crinière n’était pas de son goût, ses cernes qui dormaient sous ses yeux provoqueraient le dégoût dans les regards des hommes en se rendant à son ouvrage. En la suivant dans la rue j’analysais sa route, sa vie. Cuillère d’argent, gants blancs et petite tasse de thé méprisable. C’est en faisant la java hier soir qu’elle avait donné naissance à cette fatigue qui lui collait à la peau. Mais personne ne l’aurait su, bien sûr. Cette hypocrite peau de pêche masqué par un coup de harpon lui valu sa beauté. Mes yeux cessèrent de l’envahir par la pitié quand elle entra dans un immeuble aussi poli qu’elle. Cette solitude tant désirée par mon esprit regagna mon corps lorsque nous avions terminé de partager la seule chose que nous avions en commun : le trottoir.

Thème 2

Tu viens de mourir.
Je sais que tu aurais aimé faire de ta vie un œuvre d’art, parce que tu ne jurais que par les toiles qui vivaient sous tes regards. Et ton grand rêve t’a attendu en vain. Aujourd’hui tu viens de quitter ton univers et hier encore tu semblais avoir 20 ans. À cet âge-là tu aurais tellement voulu vivre sur une scène, parce que les chansons n’arrêtaient jamais de brûler dans le creux de ton ventre. Et lorsque tu étais devenu enfin une grande personne, tu aurais voulu faire de ton ventre une maison, parce que tu ne pouvais t’imaginer ta vie sans vie, sans amour. Tu voulais une vie d’aventure et de sac-à-dos, parce que selon toi le monde était plus grand que ton petit monde à toi. Tu espérais tellement aussi avoir ta maison sur le bord de l’eau, parce que la nature avait volé cœur.
Mais il a fallut que tu te prives. C’est normal que tu aies des regrets. Si j’étais à ta place, je me sentirais comme ça aussi. Mais tu ne peux plus rien ressentir, alors dis toi qu’il est seulement trop tard. Mais tu ne peux plus parler, ni écouter, ni penser.

Thème 3

Ça faisait tellement longtemps que je t’attendais. Tu as fait de mon angoisse une banalité. Je t’avais cherchée par tous les moyens possibles. Pour t’avoir, tu m’as fait vivre toutes sortes d’émotions. Tu m’as fait passer par la colère, l’anxiété et même le désespoir. Je suis parti de chez moi, avec toute la motivation nécessaire dans mon sac-à-dos, pour aller te rejoindre. Tu m’attendais à 8h30, et tu étais aussi fébrile que moi! Les tâches que tu allais reposer sur moi étaient grandes, mais tellement passionnantes! J’avais maintenant un mandat et un travail pour m’accompagné et surtout une raison de ne plus m’en faire avec les fin de mois. Quand je suis arrivé à toi, tu étais là, prêt à m’accueillir dans ce nouvel environnement doté d’un petit bureau, de dossiers et des gens qui ont le cœur à la cause. Si j’avais su que la vie te réservait pour moi, j’aurais abandonné légèrement toutes mes inquiétudes par rapport aux comptes que je devais rendre et payer. Ma première journée avec toi fut tranquille et chaleureuse. Tu m’avais donné l’opportunité de me mettre à mon aise et tu t’étais adapter sereinement à mes plus simples besoins. Je t’aime mon domaine. Je t’aime mon nouveau travail.

Thème 4

Aujourd’hui, la plus grosse étoile s’épanouira de plus bel. Avec des rayons qui transperceront votre cœur, le soleil flamboyant de midi fera fondre votre regard et vous habillera d’un chaud manteau, comme pour vous préparer à l’hiver. Cette transition de température, cet été indien vous brûlera les yeux. Les feuilles, toutes recroquevillées sur elles-mêmes, qui se reposeront au sol, comme après un repos bien mérité, coloreront le vert du gazon terni par les pas insouciants. Une couverture séchée par le temps, qui se refroidit petit à petit, couvrira un sol matinal affrontant son premier gel. Malgré la mélancolie du brouillard glacée, avant le réveil plus tardif du soleil, les âmes qui s’étaient tant attaché à la liberté de l’été tomberont sous le charme des nuages vagabonds. Leur court voyage permettra à vos vers fumé de prendre une pause. Cette visite passagère de ces boules cotonneuses d’un blanc pur régulera la chaleur de l’après-midi. Puis un peu plus tard, lorsque le déclin de la lumière laissera place à une toile bleuâtre percée de minuscules trous lumineux, le froid arpentera les routes et le ciel assombrit par le temps.

Thème 5

Allez! Vas y, chante! Livre-toi aux gens dans la salle. C’est la première fois devant des personnes que tu ignores, mais laisse-toi aller pour une fois. Oublie le jugement des autres et fais de ta voix la seule raison pour qu’ils t’écoutent, pour une fois. C’est difficile? Et puis? Ce sont des personnes que tu ne connais pas? Apprends à rendre une de tes véritables passions uniques et publiques. «Mais si je me plante?». Plante-toi et relève-toi ensuite. Réalise dont cette chance que tu as si peu souvent. Allez, chante! Affronte cette peur qui grouille sans cesse dans le fond de ton inconscient et ouvre-le ton cœur. «Mais si j’oublie les paroles?» Remplace-les. C’est en pensant à ta frousse que tu vas les égarer. Fais-toi plaisir et aie du «gros fun sale». La scène est à ta disposition et tu vas reculer devant une foule qui te la laisse entièrement? Franchement. Regarde-toi, c’est stupide! Ferme tes yeux fragiles, fais le vide dans la salle et dans ta tête, puis fais danser ta voix au rythme de la musique.
Un, deux, trois, go! Plonge tête première dans ce mystère que tu as toujours tant convoité et chante.

Thème 6

T’es parti où? Je me le demande bien parce que ça fait longtemps. Dis-moi, tu en es rendu où dans ta vie? As-tu trouvé une fille pour toi? Est-ce que tu joues encore de la musique? J’aimais ça moi, t’écouter jouer de la musique. T’étais «full» bon! J’espère que tu as gardé aussi ton grand sens de l’humour. Maudit que ton cœur d’enfant me réconfortait. J’avais souvent les larmes aux yeux, comme un gros bébé, mais t’étais toujours là. Toujours. Pis aujourd’hui je t’écris, tout bêtement, parce que ça fait longtemps.

Aimes-tu toujours ta «job»? Je me rends bien compte que tu aurais tout fait pour ton travail. C’est vrai que tu as travaillé comme un mongol pour y arriver. Je te l’avais déjà dis, mais je suis vraiment fière de toi! Y a des journées où ça arrive qu’on se croise. On se fait un p’tit «Hey salut!». Pis c’est tout. Me semble que j’laisserai mes bras t’entourer juste pour faire comme avant. Y’a bin longtemps. Pourtant, si on regarde par-dessus notre épaule, ce n’est pas si loin que ça, mais quand même…
J’veux juste prendre de tes nouvelles, même si je sais que je resterai toujours devant un vide.
J’veux juste que tu sois heureux, parce que ça fait longtemps.

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